Service canadien du renseignement de sécurité
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National Post, lettre à la rédaction du directeur Richard B. Fadden

Voici une traduction de la lettre que le directeur du SCRS a envoyée au National Post en réponse à l’éditorial du 19 février de M. Amir Attaran, dans lequel il critiquait le SCRS. La lettre a été publiée dans l’édition d’aujourd’hui du quotidien ainsi que sur son site Web.

Lettre au rédacteur en chef

Au cours d’une importante conférence tenue en octobre 2009, j’ai proposé que l’on amorce un débat calme et modéré sur la sécurité nationale au Canada. Malheureusement, M. Amir Attaran a préféré se répandre en invectives idéologiques plutôt que de participer à un important dialogue national. Dans son article du 19 février, Terrorism Isn’t Special, M. Attaran a fait preuve d’une grande maîtrise de la rhétorique, mais s’appuie sur bien peu de faits.

M. Attaran a commencé son éditorial en prêtant au SCRS et à d’autres organismes gouvernementaux des propos qu’ils n’ont en fait jamais tenus. Personne au SCRS n’a jamais affirmé que la torture est parfois acceptable ou que les terroristes sont des monstres. Il s’agit là d’une déformation des faits.
Se fondant sur une fausse prémisse, M. Attaran a loué les vertus du recours au droit pénal pour poursuivre les terroristes et a avancé que le SCRS devrait s’en inspirer. Toutefois, comme par hasard, M. Attaran a omis de mentionner que les renseignements fournis par le SCRS ont joué un rôle essentiel dans toutes les condamnations qu’il a citées et que le SCRS fait profiter les organismes d’application de la loi d’une partie de son travail soigné et des résultats de ses enquêtes. Il est étrange que M. Attaran n’ait pas mentionné le rôle joué par le SCRS dans plusieurs poursuites intentées avec succès, car notre contribution a mené à des décisions judiciaires et a fait l’objet d’une vaste couverture médiatique.

Lorsqu’il a affirmé que le SCRS n’était à l’origine d’aucune condamnation pour terrorisme, M. Attaran avait tout simplement tort. Il s’est créé un bouc émissaire qu’il a condamné avec véhémence. Son article est certainement coloré et comporte des jugements arrêtés, mais il est bancal et ne contribue en rien à l’avancement des connaissances sur la sécurité nationale; il ne fournit aucune information utile. Si l’on s’en tient aux faits, les services de renseignements, les services de police et les tribunaux n’arriveront à vaincre le terrorisme qu’en travaillant de concert dans le respect de la loi.

Je vous prie d’accepter l’expression de mes sentiments distingués.

Le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité,


Richard B. Fadden