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ARCHIVÉ : Commentaire N° 72 : La stratégie du front uni de Beijing à Hong Kong

Commentaire N° 72 est archivée.

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Holly Porteous

Hiver 1998
Non classifié

Précis : La République populaire de Chine (RPC) a fait face à un défi lorsqu'il s'est agi d'appliquer sa stratégie du front uni au contexte moderne de la Zone administrative spéciale de Hong Kong (ZASHK). La stratégie du front uni à Hong Kong et ailleurs vise à étendre l'influence du Parti communiste chinois (PCC) en gagnant à sa cause des dirigeants communautaires non communistes et en se servant d'eux pour neutraliser les critiques du Parti. En raison de leur envergure internationale et de leur caractère parfois coercitif, les activités associées à cette stratégie peuvent constituer une ingérence dans les affaires internes d'autres pays, comme dans le cas de l'ancienne colonie britannique de Hong Kong, où l'on s'était mis à la tâche, dès les années 1980, pour bâtir une large coalition d'appui, ou front uni, afin de réduire à néant l'opposition au contrôle futur de la RPC et de s'assurer que la rétrocession de la colonie par les dirigeants britanniques se ferait en douceur. - Hiver 1998. Auteur : Holly Porteous est une analyste d'Ottawa. Elle a travaillé récemment à titre de rédactrice adjointe de la publication sur la défense, Inside the Pentagon, à Washington (D.C.), et à titre d'agrégée de recherche au Monterey Institute of International Studies' Center for Nonproliferation Studies, où elle a suivi les activités commerciales liées aux missiles et aux armes nucléaires en République populaire de Chine, à Taïwan et dans la péninsule de Corée.

Note du rédacteur : Holly Porteous est une analyste d'Ottawa. Elle a travaillé récemment à titre de rédactrice adjointe de la publication sur la défense, Inside the Pentagon, à Washington (D.C.), et à titre d'agrégée de recherche au Monterey Institute of International Studies' Center for Nonproliferation Studies, où elle a suivi les activités commerciales liées aux missiles et aux armes nucléaires en République populaire de Chine, à Taïwan et dans la péninsule de Corée.

Avertissement : Le fait qu'un article soit publié dans Commentaire ne signifie pas que le SCRS a confirmé l'authenticité des informations qui y sont contenues ni qu'il appuie les opinions de l'auteur.


La République populaire de Chine (RPC) a fait face à un défi lorsqu'il s'est agi d'appliquer sa stratégie du front uni au contexte moderne de la Zone administrative spéciale de Hong Kong (ZASHK). La stratégie du front uni à Hong Kong et ailleurs vise à étendre l'influence du Parti communiste chinois (PCC) en gagnant à sa cause des dirigeants communautaires non communistes et en se servant d'eux pour neutraliser les critiques du Parti. En raison de leur envergure internationale et de leur caractère parfois coercitif, les activités associées à cette stratégie peuvent constituer une ingérence dans les affaires internes d'autres pays, comme dans le cas de l'ancienne colonie britannique de Hong Kong, où l'on s'était mis à la tâche, dès les années 1980, pour bâtir une large coalition d'appui, ou front uni, afin de réduire à néant l'opposition au contrôle futur de la RPC et de s'assurer que la rétrocession de la colonie par les dirigeants britanniques se ferait en douceur. La plus grande difficulté à surmonter pour bâtir cette coalition était le fait que l'ordre colonial devant être remplacé par la Chine avait beaucoup d'atouts. Parmi ceux-ci, un gouvernement qui, par son acceptation de la primauté du droit, avait créé les conditions propices à la prospérité économique de Hong Kong, n'était pas le moindre. La stratégie du front uni devait susciter un consensus d'opinion généralisé autour de l'idée que la RPC remplirait sa promesse de préserver le système capitaliste de Hong Kong sous la rubrique d'« un pays, deux systèmes ». L'intérêt croissant de Hong Kong pour la démocratie directe, tendance qui devait être supprimée sans créer de dissension étendue, présentait un écueil supplémentaire.

On applique déjà les leçons tirées de cette expérience à Taïwan. Par exemple, selon des fonctionnaires taïwanais, la Chine emploie les techniques du Front uni pour supprimer l'appui accordé aux groupes qui soutiennent l'indépendance de Taïwan et créer les conditions de la réunification sans concession de sa part1.

On ne peut exagérer l'importance de la stratégie du front uni. Pour en évaluer les ramifications, il faut comprendre sa nature, les institutions qui appuient ses entreprises, ses cibles et, enfin, les résultats qu'on en attend. Dans ce contexte, le Canada ne peut prétendre être à l'abri de ce phénomène, ne serait-ce qu'en raison de la taille de sa communauté chinoise2.

En quoi consiste la stratégie du front uni?

La stratégie du front uni consiste essentiellement à prendre le pouvoir à partir d'une position de faiblesse. Des alliances temporaires de commodité avec des entités non communistes ont permis au PCC, à ses débuts, d'établir puis de conserver sa mainmise sur le pouvoir en Chine3. Au lieu de s'éparpiller dans toutes les directions, le Parti a recensé des éléments de la société chinoise avec lesquels il pourrait s'allier pour détruire la poignée d'éléments « purs et durs » qui présentaient la plus grande menace à son existence. Il a ainsi réduit systématiquement au silence ses adversaires politiques l'un après l'autre. Par la suite, une fois la République populaire établie, il a continué de se servir du Front uni pour s'assurer qu'aucun bloc d'opposition possible ne pourrait subsister longtemps à l'extérieur du système dominé par le Parti.

En tant qu'opération de recrutement d'alliés dans des secteurs clés de la société et d'isolation de vrais ennemis, la stratégie du front uni constitue l'équivalent chinois de la guerre psychologique. Les menaces d'ostracisme ou les promesses d'accès au pouvoir sont des armes particulièrement puissantes dans une société où l'individualisme est une valeur étrangère et où la survie quotidienne s'appuie sur le guanxi. Celui-ci désigne un réseau de contacts personnels, parmi lesquels les rapports avec des fonctionnaires haut gradés sont considérés comme les plus précieux, que l'on établit et que l'on entretient au moyen d'un rituel de faveurs mutuellement obligatoires.

La stratégie du front uni est exécutée par nombre de bureaux locaux et régionaux, mais la responsabilité d'ensemble de cette activité appartient au Département du front uni du Comité central du PCC4.

Le Département du front uni fonde ses activités sur trois prémisses essentielles. La première est que tous les Chinois sont unis par leur patrimoine commun. La deuxième est que les vrais ennemis du PCC ne représentent actuellement qu'entre 5 et 10 p. 100 de la société et que l'on peut mobiliser les autres éléments – soit les patriotes et les anti-impérialistes – pour repousser ces « contradictions antagonistes ». La troisième prémisse a trait au principe des trois tiers de Mao Zedong, selon lequel la représentation au sein des organes du PCC devrait être répartie entre le Parti (qui conserverait un rôle de chef), les progressistes n'appartenant pas au parti, et les « sections intermédiaires qui ne sont ni à gauche ni à droite5. Le principe des trois tiers visait à fournir un moyen de forger un consensus, à cette réserve près que celui-ci devait se limiter à une gamme restreinte d'opinions. Mais, si l'on présume, comme Mao, que les opposants vraiment irréductibles ne représentent pas plus que 10 p. 100 des citoyens, le consensus réalisé allait être suffisant pour assurer la stabilité du gouvernement et la mort des groupes d'opposition. Même s'il n'en a pas toujours été ainsi dans la pratique, le Front uni visait à procurer une voie de communication à double sens non menaçante qui allait influer sur le processus d'élaboration des politiques du PCC.

Le prestige attaché à la nomination à un poste consultatif ou d'élaboration des politiques est l'une des plus fortes incitations à adhérer au Front uni, même si l'influence réelle de cette consultation sur la définition des politiques est limitée.

La xinhua : instrument de travail privilégié du front uni

Même s'il était illégal à Hong Kong lorsque le territoire était une colonie britannique, le PCC y entretenait une présence derrière la façade de la section hong-kongaise de la Xinhua, ou Agence Chine Nouvelle. Même maintenant que le territoire a été rétrocédé à la Chine, la Xinhua continue de représenter les vues de cette dernière dans la ZASHK. En tant qu'agence de presse, elle diffuse un point de vue favorable à la RPC et supervise le contenu des éditoriaux d'autres journaux contrôlés par celle-ci et qui ont leur siège à Hong Kong, comme Wen Hui Pao et Ta Kung Pao.

La Xinhua exécute également du travail pour le Front uni. Comme elle compte parmi son personnel des agents secrets de la Chine continentale qui sont affectés aux activités de renseignements et de contre-espionnage, son service de la coordination a fourni jusqu'ici à Beijing un moyen de recruter des groupes et des individus sympathiques à la cause, qui peuvent influencer l'opinion publique en son nom. Cette influence s'est accrue au moment où la Chine s'apprêtait à reprendre le contrôle de Hong Kong. Non seulement il était essentiel pour Beijing de faire savoir aux Hong-Kongais que la transition serait un succès, mais encore il fallait assurer les investisseurs inquiets que le marché de Hong Kong continuerait de répondre à leurs attentes. Et, par-dessus tout peut-être, la rétrocession devait démontrer les avantages de la réunification au public taïwanais.

Beijing ayant promis l'autonomie politique à Hong Kong, certains se sont demandé si la section hong-kongaise de la Xinhua continuerait de fonctionner à titre de quasi- ambassade de la RPC. Son nouveau chef, Jiang Enzhu, nommé quelques semaines après la rétrocession, a indiqué que le statut de son organisation serait réduit lorsqu'il a déclaré que le rôle de la section hong-kongaise de la Xinhua changerait. Il a en outre promis qu'elle ne s'immiscerait pas dans les affaires politiques de la ZASHK6.

La rétrogradation de la Xinhua, marquée par la réduction projetée de plus de la moitié du personnel de son service des affaires étrangères, ne signifie cependant pas que son travail pour le compte du Front uni à Hong Kong va prendre fin7. En effet, le fait que Jiang ait été choisi, en décembre 1997, par le comité d'élection de 424 membres de Hong Kong comme l'un des 36 députés de la législature centrale de la Chine, ou Congrès national du peuple (CNP), donne à penser que la Xinhua continuera à jouer un rôle pour former des alliances avec les dirigeants communautaires de Hong Kong8. Bien entendu, l'autre fonction de la Xinhua, soit la diffusion de la propagande de la RPC, n'a pas change9.

Les cibles clés du front uni

La stratégie du front uni consiste à la fois à isoler les ennemis et à former des alliances. À Hong Kong, le Front a cherché à se ménager la sympathie de dirigeants de tous les secteurs de la société, dont des universitaires, des journalistes, des jeunes et des fonctionnaires. On aurait pu s'attendre à ce que les syndicats et les organisations étudiantes de la gauche soient des alliés naturels et des cibles faciles de Beijing. Mais tel n'a pas été le cas, car les deux groupes ont appuyé les demandes d'accroissement de la représentation démocratique. Chose quelque peu plus étonnante, toutefois, les membres de l'élite du monde des affaires de Hong Kong et de Macao – et même la classe dite des propriétaires, que détestait Mao – se sont révélés des alliés importants et spontanés de Beijing. Le fait que nombre des sociétés possédées par ces entrepreneurs d'origine ethnique chinoise sont d'envergure internationale peut seulement, aux yeux de Beijing, favoriser l'expansion du Front uni. On peut en dire autant des dirigeants de groupes du crime organisé de Hong Kong et de Macao qui ont des ramifications internationales10.

Les dirigeants d'entreprise

Le partenariat entre un gouvernement autoritaire et les habitants de deux des enclaves capitalistes les plus libres du monde peut paraître étonnant à première vue, mais il s'agit essentiellement d'une alliance entre deux groupes ultra conservateurs qui ont l'un comme l'autre intérêt à préserver le statu quo11. En 1994, 60 p. 100 des capitaux étrangers investis en Chine provenaient de Hong Kong et de Macao; les entreprises taïwanaises venaient en second lieu, avec 10 p. 100 de ces investissements12. Le partenariat avec cette élite du monde des affaires appuie la tentative du gouvernement Jiang de conserver sa légitimité politique en substituant la croissance économique aux réformes politiques. L'argent de ces entrepreneurs aidera, par exemple, la Chine à moderniser les lourdes entreprises d'État qui affaiblissent l'économie. Dans le cas de Taïwan, le fait d'y entretenir des liens économiques comporte l'avantage supplémentaire de contribuer à créer une base en vue de la réunification.

De l'avis de certains observateurs, l'alliance de la Chine avec les dirigeants d'entreprise de Hong Kong et de Macao et sa promesse de maintenir les libertés économiques et politiques de la ZASHK pourraient fournir la base de réformes politiques qui se propageront avec le temps à la Chine continentale. Ces observateurs affirment que, même en tenant compte de la réduction à court terme de certaines libertés politiques à Hong Kong, le désir de la Chine de maintenir l'économie génératrice de richesses de la ZASHK et son besoin de montrer à Taïwan que la réunification peut réussir rendent inévitable la démocratisation plus poussée du territoire. Selon eux, ce qui est admis à Hong Kong se fera, avec le temps, en Chine continentale. Les ouvertures récentes faites à Taïwan par la RPC sur la question de la réunification semblent appuyer l'affirmation selon laquelle la Chine devra accepter de nouvelles réformes politiques si elle veut convaincre Taïwan de rentrer au bercail. Par ailleurs, il est indéniable que les émissions de télévision, les films et la musique de Hong Kong ont un effet appréciable sur l'auditoire de Chine continentale, qu'ils captivent. Toutefois, une étude récente du rôle de la nouvelle élite chinoise du monde des affaires débouche sur une autre conclusion. Cette étude, dirigée par l'universitaire américaine Margaret Pearson, donne à entendre que la démocratisation n'est pas une conséquence inévitable de la naissance d'une classe d'entrepreneurs13.

Le militantisme politique des dirigeants d'entreprise de Taïwan et de la Corée du Sud a contribué pour peu à la démocratisation de ces pays, soutient Pearson. Selon elle, les élites taïwanaise et sud-coréenne du monde des affaires ont été plutôt les bénéficiaires que les instigatrices de la démocratisation. Même si l'on tient compte de la contribution possible de ce secteur, signale-t-elle, les entreprises d'État de la RPC ne se sont pas développées de la même manière que leurs homologues des autres pays de la région. Au lieu d'avoir des liens horizontaux entre eux ou avec des organisations qui peuvent apporter des changements à la société, comme c'est le cas à Taïwan, en Corée du Sud et au Japon, les hommes d'affaires chinois doivent traiter individuellement avec le gouvernement de la RPC. Ce phénomène est lié à la stratégie du front uni. Le gouvernement du Guomindang et le gouvernement communiste ont tous deux mis un terme aux activités politiques des guildes de marchands en y cooptant des éléments « fiables ». Lors de son arrivée au pouvoir, en 1949, le PCC a tout simplement regroupé les organisations commerciales sanctionnées par le Guomindang au sein de la Fédération chinoise de l'industrie et du commerce et placé celle-ci sous la tutelle de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC)14.

Comme en Chine continentale, les tactiques du Front uni dans la ZASHK fragmentent la communauté des affaires et obligent les particuliers à s'en remettre presque exclusivement au guanxi pour obtenir des contrats de la RPC. Dans ce contexte, les intérêts à court terme l'emportent sur le travail à long terme de réforme politique. Fait peut-être encore plus important, les hommes d'affaires occupés à veiller à leurs propres intérêts ont peu de raisons d'associer leur sort à celui d'une classe moyenne de plus en plus mécontente.

Si la stratégie du front uni ne tient pas compte du mécontentement de la classe moyenne et que des groupes importants de la société hong-kongaise se trouvent privés de leurs droits, le territoire pourrait connaître l'instabilité politique. L'agitation récente qui a secoué le Hang Seng, ou Bourse de Hong Kong, ne fait que souligner le danger de s'appuyer sur la prospérité économique pour maintenir la légitimité politique.

Les triades

Certains signes indiquent que, dans ses efforts pour former des alliances avec les milieux d'affaires, Beijing a sous-estimé les risques associés à certaines de celles-ci. Certains entrepreneurs riches de Hong Kong et de Macao avec lesquels la Chine continentale a conclu une « entente cordiale » se trouvent également associés de près aux groupes du crime organisé, ou triades. En proie à la violence des triades, Macao en particulier fait voir à Beijing les limites inhérentes aux tentatives d'asseoir la stabilité sur des alliances avec les éminences grises de la pègre15.

Ces liens obscurs ne constituent pas un phénomène nouveau. Mao avait parlé dans ses écrits du besoin d'inclure les triades dans le Front uni. Et, lors d'une conférence prononcée à l'Université baptiste de Hong Kong, en mai 1997, Wong Man-fong, ancien sous-secrétaire général de la Xinhua, a déclaré qu'au début des années 1980, il avait reçu l'ordre de s'insinuer dans les bonnes grâces des « têtes de dragon » des triades de Hong Kong et de leur offrir un march16. Selon Wong, Beijing était disposé à fermer les yeux sur les activités illégales des triades si elles pouvaient promettre que la rétrocession du territoire se ferait paisiblement le 1er juillet. « Je leur ai dit que, s'ils ne perturbaient pas la stabilité de Hong Kong, nous ne les empêcherions pas de faire de l'argent », a déclaré Wong. S'il faut l'en croire, le début des avances faites par Beijing aux triades concorde précisément avec la relance de la stratégie du front uni par Deng Xiaoping, en 1978.

Les Chinois d'outre-mer

Il y a enfin les rapprochements avec les Chinois d'outre-mer. Ces efforts ne visent pas exclusivement les dirigeants d'entreprise, mais ceux-ci sont certainement une cible prioritaire. Lorsqu'il a ranimé le Front uni à l'occasion des troisièmes assises plénières du 11e Congrès du Comité central du PCC, en 1978, Deng a souligné le rôle capital que joueraient les investissements de la diaspora chinoise dans la réalisation des « quatre modernisations ». Sans l'aide de cette dernière, avait dit Deng, la RPC ne pourrait jamais réaliser pleinement son potentiel économique. À cet égard, Hong Kong, Taïwan et toute la zone économique du delta du fleuve des Perles sont devenus les moteurs de la croissance de la Chine.

L'exécution de la stratégie du front uni parmi les populations chinoises à l'étranger a placé la RPC en concurrence avec la République de Chine pour obtenir leurs investissements et leur appui politique. En rappelant aux membres de sa diaspora leur devoir envers la mère patrie, la Chine a parfois demandé plus que de l'argent et des discours sympathiques. L'un des buts de la stratégie du front uni consiste également à inciter les Chinois d'outre-mer, par la menace ou par des appels au patriotisme, à s'adonner à l'espionnage économique et technique. Une récente affaire d'espionnage instruite aux États-Unis fournit un exemple concluant de la façon dont la RPC exploite les sentiments d'attachement à la patrie ancestrale. En décembre 1997, M. Peter Lee, physicien chinois naturalisé qui travaillait au laboratoire national de Los Alamos, a admis avoir inclus des renseignements classifiés dans une série de conférences qu'il avait prononcées en Chine continentale en 1985. Ces renseignements avaient apparemment trait au travail qu'il effectuait sur l'utilisation de lasers pour simuler des explosions nucléaires, pour le compte de l'entreprise TRW Incorporated. Le gouvernement de la RPC avait assumé ses frais de déplacement et de séjour à l'hôtel, mais Lee a nié avoir passé les renseignements en question pour de l'argent. Selon le procureur général adjoint des États-Unis, Jonathan Shapiro, Lee était motivé par « un sentiment d'empathie à l'égard de la situation de la communauté scientifique chinoise 17.

Les allégations selon lesquelles la RPC aurait cherché à trouver un moyen d'influencer la politique étrangère américaine en se servant de divers hommes de paille et compagnies de façade pour fournir des fonds à la campagne électorale du président Clinton, en 1996, sont sans doute plus troublantes. Des allégations similaires ont été faites au sujet de fonds recueillis à Hong Kong par le Parti conservateur de Grande-Bretagne en vue des élections générales de 199218.

Cela ne signifie cependant pas que les nationaux chinois qui se sont établis à l'étranger devraient être considérés comme une « cinquième colonne » de la Chine ou de Taïwan. On ne devrait pas non plus voir dans les tentatives du Front uni pour éveiller un sentiment d'ascendance commune chez les Chinois de la diaspora une preuve de l'existence de ce sentiment. L'universitaire australien David S.G. Goodman affirme avec justesse que les craintes de voir naître un éventuel « Commonwealth chinois » dans le monde sont une fausse interprétation intéressée de la réalit19. Étudiant plus précisément les diverses communautés chinoises d'Asie du Sud-Est, il y détecte seulement un faible sentiment d'identification avec la RPC; les membres de l'élite du monde des affaires dont les entreprises ont exploité des liens familiaux ou des liens avec leur localité natale en Chine continentale pour s'y tailler une place sont ceux qui ressentent le plus fort attachement. Donc, si la Chine et Taïwan ont à l'occasion réussi à inciter des Chinois d'outre-mer à leur passer de la technologie ou des renseignements, on ne doit pas présumer que cette aide leur est accordée automatiquement. Ce qui est intéressant ici, c'est le fait que des pressions de ce genre s'exercent.

Résultats

La première étape de la rétrocession étant maintenant achevée, la stratégie du front uni s'attachera à entretenir la stabilité de l'État, tandis que l'on consolidera les relations politiques et économiques avec la ZASHK et que l'on s'occupera de faire la cour à Taïwan. Beijing donne des indices de sa détermination à faire un succès du régime d'« un pays, deux systèmes ». Par exemple, il a jusqu'ici agi avec modération tandis que le Hang Seng réagit négativement aux baisses des marchés en Asie du Sud-Est. Contrairement aux prédictions de nombreuses personnes, des médias locaux comme le South China Morning Post continuent de publier des articles critiques et objectifs sur la politique de Beijing. Néanmoins, les rapports d'autocensure des médias, le resserrement récent des contrôles exercés par la Chine sur l'utilisation de l'Internet et les avertissements donnés par les fonctionnaires de Beijing aux membres de la presse hong- kongaise au sujet des conséquences auxquelles ils s'exposeraient en critiquant les représentants de l'État ou en écrivant des articles sur l'indépendance de Taïwan, du Tibet et de Hong Kong devraient donner à réfléchir20.

Liu Kin-ming, l'un des rédacteurs du Hong Kong Economic Times et vice-président de la Hong Kong Journalists Association, déclare que ce ne sont pas nécessairement les journalistes qui évitent d'écrire des articles susceptibles d'indisposer Beijing. « Les rédacteurs en chef, les cadres supérieurs et les éditeurs font le travail du gouvernement en édulcorant les critiques ou en supprimant les reportages offensants », dit-il. Soulignant une autre dimension du front uni de Beijing avec les dirigeants d'entreprise de Hong Kong, Liu ajoute : « La prochaine fois qu'un journaliste étranger viendra à Hong Kong pour étudier la question de ' l'autocensure ', il devrait s'adresser directement aux propriétaires des médias. Ce sont eux les vrais censeurs. Demandez à ces géants ce qu'ils possèdent en Chine ou combien ils prévoient investir sur le continent21. Fort de la conviction que la plupart des propriétaires de ces médias ne sont pas prêts à mettre leurs avoirs financiers en péril, Beijing peut poursuivre son travail invisible dans la ZASHK en évitant les affrontements ouverts et en donnant l'impression de remplir sa promesse de non-ingérence22.

Mais Beijing fait face à d'autres défis à Hong Kong; parmi ceux-ci, la popularité persistante du Parti démocratique, qui réclame des réformes démocratiques, n'est pas le moindre23. Même certaines des organisations politiques cooptées au sein du Front uni lui compliquent l'existence en poursuivant leurs propres objectifs économiques et politiques. L'Alliance démocratique pour l'amélioration de Hong Kong (DAB), par exemple, appuie l'augmentation des prestations de bien- être social destinées aux Hong-Kongais. Et elle a tenté, récemment, de redéfinir les circonscriptions fonctionnelles de la législature provisoire afin d'assurer un bon taux de participation lors des élections de mai24.

La façon dont on utilise les tactiques du Front uni pour faire face à l'opposition politique laisse croire que Beijing aura des problèmes à l'avenir. À défaut de démocratie directe, le Front uni peut se charger de « prendre le pouls » du public. Dans l'esprit de Mao, le Front uni devait être à la fois un système d'avertissement hâtif des possibilités de perturbations politiques et une soupape de décompression. Il semble toutefois que, comme on l'a fait par le passé, on utilise plus souvent les tactiques du Front uni pour supprimer toutes les formes d'opposition que pour réaliser des consensus.

À cet égard, la CCPPC donne une idée du fonctionnement d'un important organe du Front uni de la Chine continentale, qui comprend des représentants de Hong Kong depuis avant 1949. En théorie, la CCPPC offre aux politiciens n'appartenant pas au PCC et à d'autres intellectuels en vue la possibilité de « superviser » la prise de décision du PCC. En donnant à ces groupes l'espoir d'une participation politique, elle fait naître des alliés là où auraient pu se trouver des ennemis privés de droits. La Xinhua l'a quelque peu dénigrée en 1994 en la qualifiant de « groupe de réflexion » (think tank), mais son action semble se limiter tout au plus à distribuer des faveurs aux « capitalistes patriotes » et à des universitaires choisis. Cette réticence à passer du népotisme à la consultation réelle fait ressortir la difficulté qu'a eue Beijing à trouver un équilibre entre s'ouvrir à des points de vue différents et, comme l'a dit le chef de la CCPPC de Shenzen, Zhou Ciwu, assurer l'« acheminement des opinions du peuple25.

Certains indices révèlent en outre qu'on est en train de modeler une institution législative clé de la ZASHK, le Conseil législatif provisoire, selon le principe des « trois tiers » de Mao. Lors des élections législatives qui doivent avoir lieu en mai de cette année, seulement le tiers des 60 sièges seront pourvus par élection directe. Dans une entrevue accordée à la presse de Hong Kong, le président du Parti démocratique, Martin Lee, a déclaré qu'en dépit du fait que celui-ci est la formation politique la plus populaire de la ZASHK, il sera cantonné en toute sûreté dans la minorité. Lorsqu'on lui a demandé d'estimer le nombre de sièges que son parti remporterait, il a répondu : « À peu près 10, et nous remporterons peut-être la moitié des 20 qui sont pourvus par élection directe, mais seulement 2 ou 3 des sièges des circonscriptions fonctionnelles26.

On ne devrait cependant pas présumer que les efforts de la Chine continentale pour modeler dans l'ombre les organes décisionnels de Hong Kong signifient que la Chine possède un contrôle et un droit de regard tout-puissants sur la ZASHK. Steve Tsang, de l'Université d'Oxford, de même que Michael Yahuda, de la London School of Economics, et John P. Burns, de l'Université de Hong Kong, soulignent les tiraillements survenus entre divers cadres du PCC lorsqu'il s'est agi de déterminer à quel organisme il reviendrait de servir d'alter ego à Beijing dans la ZASHK : allait-ce être la Xinhua (par l'entremise du réseau du Comité Hong Kong-Macao), le Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao (HKMAO), l'Armée populaire de libération, ou le ministère des Affaires étrangères de Beijing? Selon ces observateurs, la rivalité était notable en ce sens qu'elle indiquait, avant la rétrocession, que la direction du PCC avait peut-être reçu des renseignements contradictoires au sujet de Hong Kong et était moins bien informée qu'elle ne le croyait27. Certains des pires aspects de ces luttes intestines semblent cependant avoir été étouffés grâce à la réduction de la taille de la Xinhua et du HKMAO. Lors de récents mouvements de personnel, les directeurs autoritaires du HKMAO et de la Xinhua, Lu Ping et Zhou Nan, ont été remplacés par des successeurs plus respectueux, soit Liao Hui et Jiang Enzhu. Ces changements indiquent que Beijing croit pouvoir adopter une approche plus détachée car, grâce à la stratégie du front uni, la ZASHK est maintenant entre les mains de patriotes dignes de confiance28.

Ainsi, Beijing autorise peut-être une liberté de presse plus ou moins grande et la tenue de manifestations à certaines conditions, mais l'accès aux organes décisionnels est très nettement limité. En restreignant cet accès à l'élite du monde des affaires et aux autres recrues du Front uni qui sont les plus enclines à agir en fonction d'intérêts économiques et politiques très étroits, intérêts devant coïncider avec ceux de Beijing, on risque de mécontenter une fraction importante de la société hong-kongaise.

Conclusions

La stratégie du front uni conserve son importance en tant que moyen de favoriser le maintien de la stabilité et de la prospérité de la ZASHK, en particulier à la lumière des espoirs de réunification de la Chine avec Taïwan. L'application fructueuse de la politique d'« un pays, deux systèmes » à Hong Kong n'amènera probablement pas Taïwan à consentir à la réunification aux conditions actuelles posées par la Chine, mais son échec anéantira à coup sûr les chances de ramener Taïwan au bercail de manière pacifique.

En attachant trop d'importance à l'alliance avec les grands entrepreneurs, les courtisans politiques et les éléments criminels de Hong Kong, Beijing risque de voir se désagréger le Front uni qu'il a créé avec tant de soin, tandis que la classe moyenne privée de ses droits demandera que ses intérêts soient davantage représentés. Dans ce sens, la balance des conseillers qui seront élus à la législature provisoire en mai prochain ne devra pas pencher trop lourdement du côté des candidats favorables à Beijing. Il ne fait aucun doute que le PCC conservera sa prépondérance, mais les Hong-Kongais devront voir à la législature une forte représentation de l'extrêmement populaire Parti démocratique.

Pour le Canada, qui abrite une importante population d'origine ethnique chinoise, les conséquences se dégageant de la présente étude sont claires. Le prochain grand but de la politique étrangère de la Chine consistera à ménager les conditions de la réunification avec Taïwan sans concession de sa part. Dans cette perspective, la République populaire de Chine et la République de Chine intensifient toutes deux leurs efforts pour obtenir l'appui financier, technique et politique des Chinois d'outre-mer partout dans le monde. Comme la tactique consistant à diviser pour mieux régner qui caractérise la stratégie du front uni formera la base de cette campagne, le Canada devra faire preuve de vigilance pour s'assurer que les droits et libertés des Chinois canadiens ne seront pas menacés.

Je tiens à remercier le lieutenant-colonel Dennis Blasko, retraité de l'armée américaine, M. Liu Kin-Ming, vice-président de la Hong Kong Journalists Association, M. Brian McAdam, ancien agent d'immigration du Canada, et les critiques anonymes de Commentaire de leurs remarques et de leurs réflexions. Holly Porteous.

Notes

1 Taïwan mène depuis longtemps une campagne opposée à celle du Front uni de la RPC. Selon de récents rapports de presse taïwanais, le chef de la Commission des affaires des Chinois d'outre-mer (OCAC) de Taïwan, James Chu, aurait déclaré que la RPC emploie les tactiques du Front uni afin de semer la discorde entre la République de Chine et les communautés chinoises d'outre-mer. Chu a promis que l'OCAC entreprendrait sa propre campagne pour contrer celle de la RPC. Taiwan Central News Agency (édition Internet), 9 août 1997, dans FBIS Daily Report : Chine, 18 août 1997.[Retournez]

2 D'après les données du recensement de Statistique Canada de 1991, 586 645 Canadiens sont d'origine ethnique chinoise.[Retournez]

3 D'un point de vue historique, l'idée d'un front uni chinois remonte à 1922; à ce moment-là, sur l'exhortation de ses mentors soviétiques et du Komintern, le PCC naissant s'était joint à son rival, le Guomindang, afin d'évincer les dirigeants impérialistes corrompus et importants. Il s'agissait essentiellement pour le PCC, qui était le plus faible des deux partis, d'un moyen d'accroître sa force en s'alliant à l'autre. Ce premier front uni fut détruit lorsque le chef du Guomindang, Chiang Chung-cheng, trahit ses frères d'armes et se retourna contre eux. Un deuxième front uni fut formé en 1937, lorsque les deux partis écartèrent de nouveau leurs divergences, du moins en apparence, pour combattre l'envahisseur japonais. Là encore, les deux alliés d'autrefois se brouillèrent et réglèrent leurs différends par une guerre civile. Même avant que les nationalistes ne soient repoussés de leurs bastions sur le continent au cours de cette guerre civile, le territoire de Hong Kong sous administration britannique – qui était depuis longtemps un foyer d'espionnage et d'activité subversive – était une cible de grande valeur du Front uni, et l'est encore aujourd'hui. Parmi les ouvrages clés de Mao Zedong sur cette idée, on relève « Analyse des classes de la société chinoise » (mars 1926), « De la contradiction » (août 1937) et « De la juste solution des contradictions au sein du peuple » (février 1957), (en version anglaise) dans Selected Readings from the Works of Mao Tsetung, Beijing, Foreign Languages Press, 1971.[Retournez]

4 Le Département du front uni est actuellement dirigé par Wang Zhaoguo, qui est également vice-président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois, organisme-cadre du Front uni. Voir la note 14.[Retournez]

5 « On the Question of Political Power in the Anti-Japanese Base Areas », 6 mars 1940, tiré de Lyman P. Van Slyke, Enemies and Friends : The United Front in Chinese Communist History, Stanford, Stanford University Press, 1967, p. 143.[Retournez]

6 John Ridding, « Xinhua's New HK Chief Pledges Non-Interference », Financial Times, 7 août 1997.[Retournez]

7 L'effectif du service des affaires étrangères de la section hong-kongaise de la Xinhua devrait être réduit à environ 300 personnes. Il n'est pas clair que le personnel du service de la coordination, qui est responsable de la stratégie du front uni, sera réduit. Voir « HK Changes at the Most Fundamental Level », South China Morning Post (SCMP dans les notes suivantes), 8 octobre 1997.[Retournez]

8 Il ne faudrait toutefois pas exagérer l'importance d'une position sur le CNP. Certains analystes occidentaux espéraient que son président, Qiao Shi, réussirait à le transformer pour qu'il fasse autre chose qu'approuver automatiquement les ordres du PCC en matière de politiques, mais la déchéance de Qiao lors du 15e Congrès du Parti, en septembre 1997, rend cette issue douteuse.[Retournez]

9 Citant le mandat de Jiang (chef de la Xinhua) de représenter les idées de la Chine continentale à Hong Kong, le Parti démocratique affirme que sa désignation à titre de porte-parole de Hong Kong au sein de ce corps législatif de Chine continentale crée un conflit d'intérêts. Associated Press, « Hong Kong Picks Legislative Aides », 8 décembre 1997.[Retournez]

10 Macao est une colonie portugaise qui doit être rétrocédée à la Chine en 1999.[Retournez]

11 Le chef de l'Exécutif, Tung Chee-hwa, fournit un excellent exemple du genre de personne que Beijing a cherché à cultiver au sein du monde des affaires. Respecté par les Hong-Kongais pour son impartialité et ses bonnes intentions, Tung était également considéré par Jiang Zemin comme une personne qui partageait le souci de Beijing de réaliser un juste équilibre entre les libertés individuelles et ce que Tung appelle « le bien commun ». Son patriotisme et son application à maintenir la stabilité économique et politique de Hong Kong ont fait de lui le genre de personne qu'il fallait pour diriger Hong Kong.[Retournez]

12 Cité dans Margaret M. Pearson, China's New Business Elite : The Political Consequences of Economic Reform, Berkeley, Los Angeles, University of California Press, 1997, p. 13.[Retournez]

13 Ibid.[Retournez]

14 La CCPPC, qui est antérieure au Congrès national du peuple, est l'organisme-cadre de consultation dite « multipartite » de la Chine. Les délégués comprennent des représentants des partis dits mineurs, qui existaient avant l'établissement de la République populaire, des représentants des organisations du Front uni, et des personnes invitées. La CCPPC pourrait être considérée comme une version moderne du « Censorat » de Confucius, par l'intermédiaire duquel une élite instruite prenait la parole au nom du peuple et critiquait les fautes des hautes autorités, et même de l'empereur. Malgré les demandes répétées de réforme, toutefois, on n'a jamais permis que les avis exprimés par la CCPPC remettent en question les grandes politique[Retournez]

15 Même si Macao a adopté une nouvelle loi anti-triades le 4 août 1997, il semble que ses dirigeants actuels n'ont pas la volonté de l'exécuter. On signale qu'un juge de Macao, citant le manque de preuves, aurait annulé des mandats d'arrêt délivrés contre le chef présumé de la triade 14K et quatre de ses associés. Peu après avoir rendu cette décision, le juge a démissionné et s'est préparé à partir pour le Portugal. On ne sait pas au juste comment la Chine continentale réagira à cette abdication apparente face aux triades lorsqu'elle prendra le contrôle de Macao, mais la violence qui y règne n'est pas de bon augure pour Hong Kong.[Retournez]

16 Fredric Dannen, « Partners in Crime », The New Republic, 14 et 21 juillet 1997, p. 18-26.[Retournez]

17 SCMP, 10 décembre 1997. On signalait dans le même article que les renseignements passés par M. Lee ont depuis lors été déclassifiés par le gouvernement des États-Unis.[Retournez]

18 Peter Woolrich, Mark McSherry et David Healy, « Revealed : The Men Who Raised HK Money for John Major », SCMP, 27 juin 1993, p. 8; Anthony Cheesewright, « Cheques 'Rolled in from HK' for Tories », Hong Kong Standard, 3 juillet 1993, p. 1; Fanny Wong, « Tung Aid for Tories No Alien Practice », SCMP, 3 mai 1997; Edward Gargan, « Hong Kong Donor to Tories Now Wants $1.7 Million Returned », New York Times, 25 janvier 1998, p. 5.[Retournez]

19 David S.G. Goodman, « Are Asia's 'Ethnic Chinese' a Regional-Security Threat? », Survival 39/4 (1997-1998), p. 140-155.[Retournez]

20Citant le principe d'« un pays, deux systèmes », le directeur général des télécommunications de Hong Kong, Anthony Wong, a déclaré que les nouvelles restrictions de Beijing visant les documents publiés sur l'Internet ne s'appliqueraient pas à la ZASHK. Selon ces restrictions, Beijing poursuivra à la fois les usagers et les fournisseurs du service si l'on trouve des documents interdits dans leurs réseaux. Voir http://www.freedomforum.org/technology/1997/12/30chinet.asp.[Retournez]

21 En effet, d'après la Hong Kong Journalists Association, la Xinhua tient à jour une liste de médias où ceux-ci sont classés sous l'une des quatre rubriques suivantes : 1) média contrôlé par la Chine; 2) média sympathique; 3) média neutre; 4) média hostile. La publicité de la Chine continentale est acheminée en conséquence vers ces médias. Voir le rapport annuel de 1997 de la Hong Kong Journalists Association à l'adresse http://www.freeway.org.hk/hkja. Les remarques supplémentaires sont fondées sur la correspondance personnelle échangée entre l'auteure et Liu Kin-ming en décembre 1997 et janvier 1998. Citations tirées de Liu Kin- ming, « The Self-Censorship Myth », dans Freedom Under the Dragon : Can Hong Kong's Press Still Breathe Fire? (rapport établi par le Comité de protection des journalistes et publié en septembre 1997, pendant les réunions annuelles de la Banque mondiale et du FMI, tenues à Hong Kong). On peut trouver le rapport sur le site Web du comité, à l'adresse http://www.cpj.org.[Retournez]

22 Le cas de Jimmy Lai, propriétaire du quotidien de langue chinoise Apple Daily, illustre le sort réservé aux personnes qui osent faire un pied de nez à Beijing. Après avoir offensé Beijing en qualifiant le premier ministre Li Peng d'« oeuf de tortue ayant un quotient intellectuel de zéro » dans Next, la publication soeur de l'Apple Daily, Lai commença à avoir des difficultés à obtenir un permis d'exploitation de son magasin de vêtements, Giordano, en Chine continentale. Même après qu'il eut vendu ses intérêts dans celui-ci, la compagnie a continué à avoir des problèmes avec les fonctionnaires du continent. Plus récemment, soit au début de cette année, les plans de Lai d'introduire en Bourse la société de portefeuille de Next, Next Media Holdings, ont échoué lorsque le syndicataire, Sun Hung Kai International, s'est retiré. Selon un rapport publié par la Hong Kong Journalists Association, cette décision de Sun Hung Kai avait été déterminée par des pressions externes. Pamela Yip, « Hong Kong's Mighty Pen Now Faces China's Sword », Houston Chronicle, septembre 1997; rapport annuel de 1997 de la Hong Kong Journalists Association.[Retournez]

23Un récent sondage d'opinion effectué par le SCMP a révélé que le degré de satisfaction du public à l'égard du chef du Parti démocratique, Martin Lee, s'établissait à 61 p. 100. Par contraste, l'Alliance démocratique pour l'amélioration de Hong Kong (DAB), qui est un parti politique du Front uni, a obtenu une cote de satisfaction de 50 p. 100. SCMP (édition Internet), 8 décembre 1997. John P. Burns, de l'Université de Hong Kong, signale que la classe moyenne de Hong Kong est le plus solide partisan du Parti démocratique. Voir John Burns, « The Role of the New China News Agency », dans Hong Kong and China in Transition, Canada and Hong Kong Papers No. 3, Toronto, University of Toronto-York University Joint Centre for Asia Pacific Studies, 1994, p. 37.[Retournez]

24 « HK Changes at the Most Fundamental Level », SCMP, 8 octobre 1997.[Retournez]

25 Willy Wo-Lap Lam, China After Deng Xiaoping, Toronto, John Wiley & Sons, 1995, p. 302.[Retournez]

26 Chi-shih Nien-tai, Hong Kong, 1er août 1997, dans FBIS Daily Report : Chine, 30 septembre 199[Retournez]

27 Steve Tsang, Hong Kong : An Appointment with China, Londres, New York, I.B. Tauris, 1997; Michael Yahuda, Hong Kong : China's Challenge, Londres, New York, Routledge, 1996; Burns, « The Role of the New China News Agency ».[Retournez]

28« HK Changes 'at the Most Fundamental Level' », SCMP, 8 octobre 1997.[Retournez]


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