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ARCHIVÉ : La menace de Terrorisme Biologique ou Chimique Selon les sources publiées

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Notes de fin de document

(1) Berkowitz et coll. font une estimation un peu plus prudente : selon eux, «la DL50 pour l'adulte [c'est-à-dire la dose mortelle pour 50 % de la population exposée] est de l'ordre de un millionième de gramme, ce qui signifie que la toxicité de cette substance est supérieure par deux ou trois ordres de grandeur à celle des gaz neurotoxiques à base d'agent V.» (1972 : VIII-41). Par la suite, ils déclarent que, «fort probablement, il ne faut pas plus de quelques microgrammes - peut-être en fait une fraction de microgramme - de toxine A pure pour causer au moins une maladie grave, nécessitant une longue convalescence, et plus probablement la mort.» (1972 : VIII-43).[Retournez]

(2) Berkowitz et coll. estiment aussi que «Même s'il se peut que les terroristes ne soient pas en mesure d'organiser des opérations stratégiques de terrorisme biologique à l'échelle du continent, il ne leur serait pas impossible d'en réaliser de moindre envergure, pour cibler des villes.» (1972: VIII-88).[Retournez]

(3) Voir également Kupperman, 1984 : 77.[Retournez]

(4) Voir également McGeorge, selon qui «Les terroristes politiques qui visent à détruire l'ordre social en place peuvent, avec les armes biologiques, tuer plus de personnes qu'il ne leur serait possible s'ils disposaient d'une petite arme nucléaire tactique.» (1986 : 57 et 1988 : 20). Berkowitz et coll. renchérissent : «Nous ne doutons guère qu'avec une expertise technique d'un niveau équivalent à celui qu'on présume nécessaire pour l'utilisation d'armes nucléaires illicites, la mortalité causée par un attentat à l'arme biologique pourrait surpasser celle qu'entraînerait un attentat nucléaire.» (1972: IX-7). De même, Ponte déclare (en exagérant considérablement) : «Avec les organismes pathogènes, comme avec les gaz neurotoxiques, un terroriste ou un fanatique est en mesure de détruire des villes entières. Un bac rempli d'une bactérie dangereuse, la «bombe H du pauvre», lui donne une puissance d'attaque comparable à celle d'une superpuissance nucléaire.» (1977: 79).[Retournez]

(5) D'après Berkowitz et coll., «le maintien du secret absolu pose peu de problèmes durant la mise en place d'une telle installation.» (1972 : VIII-65).[Retournez]

(6) À l'évidence, cette propriété peut aussi jouer en défaveur des terroristes, car il peut être plus difficile de faire reconnaître leur responsabilité dans un attentat (House Armed Services Committee (É.-U.), 1993 : 26).[Retournez]

(7) Berkowitz et coll. signalent également cet aspect, ajoutant que, «contrairement aux armes nucléaires illicites, puisqu'on ne peut raisonnablement en utiliser plus qu'une ou que quelques-unes, et, contrairement aussi, aux armes chimiques, dont l'utilisation dans une opération d'envergure nécessite des dispositifs assez importants, les agents biologiques pathogènes se prêtent bien aux démonstrations sur de petites cibles isolées qui ne limitent pas de façon significative les possibilités d'un attentat terroriste à grande échelle. Par conséquent, les armes biologiques semblent être d'une efficacité inégalée comme moyen de coercition ou d'extorsion.» (1972 : VIII-64). [Retournez]

(8) Pour reprendre les mots de Berkowitz et coll. : « [...] même si la dissémination de l'agent est limitée à un groupe cible en particulier, la possibilité d'une opération généralisée demeure entière, ce qui a un puissant effet psychologique. Le public en général comprend mal les particularités et les problèmes de l'utilisation des armes biologiques, mais celles-ci suscitent de très fortes réactions négatives. Récemment, les Américains ont annoncé qu'ils renonçaient à utiliser les agents biologiques comme armes militaires offensives; cette nouvelle a certainement conforté l'opinion publique dans sa position négative, de sorte que la menace d'une opération terroriste mettant en jeu des agents biologiques donnerait lieu à des déclarations sensationalistes, à des exagérations et à beaucoup de détresse psychologique.» (1972 : VIII-64).[Retournez]

(9) Voir Berkowitz et coll. : «Les pertes qu'entraînerait l'exécution d'une menace d'attentat biologique concrètement réalisable sont [...] d'une ampleur effrayante...et une telle opération nécessiterait un effort et des ressources d'une importance moindre par au moins un ordre de grandeur à ce qu'exige un attentat avec une arme nucléaire illicite» (Berkowitz et coll., 1972 : I-14).[Retournez]

(10) Voir aussi ce que déclare le biochimiste d'Harvard Matthew Meselson, cité dans Marshall (1990 : 372), et ce qu'affirme Harvey McGeorge : «On peut facilement produire des toxines ou des agents biologiques dans sa cuisine ou son garage. La production d'une bactérie pathogène létale ne nécessite guère plus que du bouillon de poulet, une bouteille de whiskey à côtés plats et une culture d'ensemencement.» (Roosevelt, 1986 : 40-41). Griffith semble d'accord, affirmant que «les agents biologiques peuvent se préparer sans problème, essentiellement avec le matériel qu'on trouve dans une cuisine bien équipée [...] Le milieu utilisé pour la culture d'une souche bactérienne n'est pas tellement plus difficile à fabriquer que du Jello; pour la culture des virus, on utilise habituellement des oeufs de poulet.». Griffith enchaîne en précisant que «L'incubation dépend avant tout du maintien de la température entre certaines limites, mais on peut reproduire les conditions nécessaires dans une armoire en contreplaqué de fabrication artisanale chauffée par des ampoules. La récolte est probablement l'étape la plus délicate pour le microbiologiste amateur. Premièrement, c'est à ce stade qu'il peut s'infecter. Deuxièmement, il doit avoir une certaine dextérité pour être capable de séparer l'organisme cultivé du milieu de culture. Il suffit de s'exercer un peu pour surmonter ces difficultés» (1975).[Retournez]

(11) Voir également David, selon qui, «les compétences professionnelles nécessaires pour produire et conserver des quantités importantes d'agents [biologiques] sont plus difficiles à réunir que dans le cas des agents chimiques.» (1985 : 146); quant à Kupperman et Trent, ils font valoir que, par comparaison aux armes chimiques, «les agents pathogènes létaux ne sont pas très accessibles dans le commerce. En outre, la culture, l'entretien et la dissémination d'un agent biologique font appel à une technologie plus avancée que l'utilisation de produits chimiques.» (1979 : 85). Douglass et Livingstone ont toutefois un point de vue opposé, estimant que l'utilisation d'armes chimiques est plus exigeante sur le plan technique (1987 : 23).[Retournez]

(12) Douglass et Livingstone citent un rappport préparé par la BDM Corporation selon lequel «idéalement, pour fabriquer une arme biologique assez perfectionnée, il faut un biologiste possédant des connaissances sur les processsus pathogéniques, un ingénieur, une bactérie pathogène à l'état végétatif, un laboratoire de microbiologie, une installation de fabrication de bouteilles, une installation de stérilisation d'une capacité suffisante pour traiter les bouteilles fabriquées, un atelier et de l'équipement. Il faut en outre les formules exactes, un dispositif de dissémination et un plan d'opération détaillé.». On précise que «bien qu'il ne soit pas si difficile de remplir de telles conditions, les experts qui connaissent bien la question disent qu'avec seulement un peu de débrouillardise, un groupe de terroristes pourrait aller à l'essentiel et se fabriquer encore plus facilement une arme moins sophistiquée.» (1987 : 22).[Retournez]

(13) Berkowitz et coll. estiment que «La présence d'un microbiologiste et d'un pathologiste chercheurs, ou d'une personne possédant des compétences dans les deux domaines, serait un facteur déterminant. Leur influence jouerait en grande partie sur le choix de l'organisme pathogène. Quelques conseils obtenus d'un physicien en aérosols et d'un météorologiste, et voilà réunis tous les éléments nécessaires. De plus, comme l'information à fournir par les deux derniers spécialistes mentionnés n'est pas particulièrement complexe, il est probable qu'un membre du groupe pourrait, dans la mesure où il posséderait des connaissances scientifiques, fournir les renseignements nécessaires. Par ailleurs, s'il fallait, pour l'exécution de l'opération, des quantités d'organismes supérieures à celles qu'on peut produire en laboratoire, les services d'une personne possédant de l'expérience dans l'industrie de la fermentation ou de la fabrication des vaccins seraient très utiles.» (1972 : VIII-65-66).[Retournez]

(14) Ailleurs, dans cet article, Root-Bernstein semble toutefois se contredire, car il déclare que «Pour faire du terrorisme biologique, il suffit [...] de posséder des connaissances avancées sur les propriétés d'un certain nombre de plantes comestibles et médicinales, de toxines et de venins et d'agents infectieux ou pharmaceutiques.» (1991 : 48).[Retournez]

(15) Voir également Jenkins et Rubin, 1978 : 226.[Retournez]

(16) Selon Kupperman et Trent, «Bien que la culture d'agents biologiques virulents soit une activité dangereuse pour le profane et que la production de quantités importantes exige une grande compétence et du jugement, des milliers de personnes possèdent une formation suffisante pour assurer la bonne marche de ces opérations.» (1979 : 56-7). Ailleurs, Kupperman dit que la fabrication d'agents biologiques pourrait être confiée à «une équipe composée de deux microbiologistes l'un, du doctorat, l'autre, de la maîtrise, ayant une formation poussée dans la manipulation des agents pathogènes», et secondés par «quelques assistants, courageux ou innocents» (1984 : 77).[Retournez]

(17) Voir aussi Kupperman et Trent selon qui, «Il est facile de produire de la toxine botulinique et il existe de nombreuses sources publiées sur la culture et la conservation en anaérobiose du microorganisme qui la produit. L'évaluation de la virulence par sérotypage est une opération courante pour le microbiologiste et les techniques de culture en continu sont bien connues, de même que la séparation et la purification de la toxine.» (1979 : 65). Berkowitz et coll. sont du même avis : «[...] une multitude de publications techniques à diffusion générale traitent de l'identification, de la culture, de la formation des spores, de la production de la toxine et les autres propriétés de C. botulinum, ainsi que de la préparation d'un concentré de toxine purifiée [...] les renseignements publiés ne manquent pas sur les aspects techniques à maîtriser pour mettre au point une opération terroriste à la toxine botulinique.» (1972 : VIII-42). Plus loin, ils concluent : «[...] dès lors qu'une personne dispose d'une culture d'ensemencement satisfaisante et qu'elle maîtrise la technique, elle devrait être en mesure de mettre la souche en culture, de l'entretenir et de faire la purification partielle et le nettoyage de deux lots de 3 gallons par semaine, ce qui représente une production hebdomadaire d'environ 350 mg de toxine botulinique pure à 66 %. Pour augmenter la production, on peut traiter plusieurs lots en même temps, ou recourir à des techniques de culture en continu [...] Pour isoler la culture d'ensemencement, il faut un microbiologiste compétent et un petit laboratoire de bactériologie; on peut se procurer l'équipement nécessaire pour moins de 3 000 $. Les premières étapes (obtention et caractérisation de la culture d'ensemencement) peuvent aussi être réalisées dans un laboratoire autorisé, les activités clandestines se résumant alors aux opérations de production. L'emploi d'animaux de laboratoire peut aussi être limité au minimum dans la mesure où les terroristes souhaitent avant tout une arme pratique et sont prêts à sacrifier l'élégance scientifique.» (Berkowitz et coll., 1972 : VIII-50).[Retournez]

(18) Kupperman et Trent en conviennent : «Malheureusement, du moment qu'il dispose d'une souche virulente, même un microbiologiste dont la formation est limitée peut en faire la culture en continu. Les techniques de préparation et de culture sont bien connues.» (1979 : 68).[Retournez]

(19) En 1986, Harvey McGeorge faisait une mise en garde : «vu le piètre état économique de l'industrie de la biotechnologie, il ne manque certainement pas de personnes très compétentes et sans emploi qui, cherchant désespérément de l'argent pour subvenir aux besoins de leur famille, seraient prêtes à transgresser leur propre code d'éthique.» (Roosevelt, 1986 : 42).[Retournez]

(20) Griffith signale que «Les critères médicaux et militaires gouvernant le choix d'un agent comme arme biologique importent moins pour la guérilla urbaine que pour les grandes opérations militaires, car il s'agit de situations entièrement différentes. Ainsi, de nombreux agents pathogènes pourraient être utilisés comme armes biologiques même s'ils ne satisfont pas à tous les critères «militaires» usuels.» (1975).[Retournez]

(21) Watkins se dit sceptique quant à l'intérêt d'un effet incapacitant, alléguant que «Les agents incapacitants comme ceux qui causent la grippe ou la brucellose ne remplissent pas les critères voulus pour une action terroriste, puisqu'ils ne terrorisent pas. En outre, contrairement à une force militaire nationale, l'organisation terroriste n'ayant guère besoin d'améliorer ses possibilités de manoeuvre par rapport à son ennemi, il semble beaucoup plus probable que son choix porte sur l'un des quelques agents létaux connus.» (1987: 195). Prenant un point de vue assez différent, pour ce qui est de l'effet incapacitant recherché, Berkowitz et coll. font une nuance : «Les agents pathogènes se caractérisent généralement par un effet incapacitant ou létal plus ou moins puissant, mais la mortalité causée par un agent théoriquement incapacitant peu être considérable en raison de variations statistiques d'âge, de sexe, d'état de santé et de résistance de la population visée.» (1972: VIII-55). [Retournez]

(22) Pour McGeorge, «La production et la conservation sont peut-être les facteurs les plus limitants dans la préparation d'une arme biologique. La culture des virus et des rickettsies nécessitant des oeufs embryonnés, il est peu probable que ce type d'agents soient retenus. Les bactéries, par contre, peuvent facilement être produites dans une installation de production de bouteilles et, en quelques semaines à peine, on peut obtenir des dizaines de kilogrammes d'un agent approprié comme le bacille du charbon bactéridien, sous la forme d'une bouillie.» (1986 : 60).[Retournez]

(23) Berkowitz et coll. signalent que «Pour des petites opérations terroristes visant la contamination directe par la mise en contact de l'agent avec les victimes, ce qui permet d'éviter des traitements agressifs comme la dessiccation ou la pulvérisation en aérosol, le critère de la résistance revêt peu d'importance et l'on peut utiliser des organismes fragiles comme l'agent de la tularémie. Si, par contre, on envisage une opération à grande échelle avec un nuage d'aérosol, on doit choisir de préférence des organismes plus résistants. Les plus intéressants, à cet égard, sont les organismes sporigènes comme le bacille du charbon bactéridien et les champignons, mais la viabilité des organismes pathogènes moins résistants peut être améliorée par divers traitements stabilisants.» (1972: VIII-67).[Retournez]

(24) Voir également Watkins, selon qui, «[...] le charbon bactéridien possède de nombreuses propriétés le rendant idéal comme arme biologique. En culture, l'agent de cette maladie produit des spores qui restent dormantes pendant des années, ce qui lui confère une durée de vie utile extraordinaire. Les spores causent surtout de graves lésions cutanées, mais elles sont mortelles à presque 100 % lorsqu'elles sont inhalées ou ingérées et les antibiotiques ne sont efficaces que s'ils sont administrés avant l'apparition des symptômes. Il existe un vaccin prophylactique, mais il est peu utilisé et l'on ne peut l'obtenir sans délai. Aucune méthode de décontamination n'est connue.» (1987 : 193).[Retournez]

(25) Watkins signale également que, «Même si l'Organisation mondiale de la santé inspecte régulièrement les laboratoires [d'Atlanta et de Moscou] pour en vérifier la sécurité microbiologique, aucun effort véritable n'a été fait pour prévenir une éventuelle pénétration par la force.» (1987 : 197-8).[Retournez]

(26) Voir également le témoignage du professeur de droit Francis A. Boyle, qui parle de la possibilité que «des États, des groupes ou des individus à visées terroristes [...] passent des commandes chez des entreprises de génie génétique américaines en vue de la production d'armes biologiques (SCJ, 1990 : 103); Ketcham et McGeorge, qui imaginent des scénarios où des bactéries modifiées par génie génétique serviraient à infecter des groupes ethniques avec une maladie mortelle.» (1986 : 32); McGeorge, pour qui il y a de «fortes possibilités» que le génie génétique soit utilisé à des fins terroristes (Roosevelt, 1986 : 41); enfin, Ponte, qui dit redouter que «des terroristes puissent se procurer des organismes pathogènes létaux faits sur mesure grâce à la technologie de l'ADN recombinant.» (1980 : 52). Voir aussi Louria, 1981: 17-21.[Retournez]

(27) Berkowitz et coll. signalent également que même si «L'industrie pharmaceutique produit une certaine quantité de toxine botulinique pour la fabrication d'anatoxines d'usage prophylactique et d'antitoxines d'usage thérapeutique», «une opération menée illicitement pour se procurer ce produit pourrait éveiller les soupçons et éventer le plan des terroristes bien avant qu'ils ne puissent le mettre à exécution.» (1972: VIII-46).[Retournez]

(28) Voir également Simon (1989 : 3) et Berkowitz et coll. selon qui, malgré toute la publicité faite autour des opérations de destruction effectuées par l'armée pour éliminer les agents biologiques, il pourrait rester des stocks de toxine botulinique. Le cas échéant, des terroristes pourraient chercher à s'en procurer.» (1972 : VIII-45-46).[Retournez]

(29) Mullins fait ici exception, car il déclare : «Il est facile d'administrer un agent biologique.» (1992 : 103). Watkins diverge également d'opinion, alléguant que «Les armes biologiques sont de taille réduite, de dissémination facile et ont un effet retardé, ce qui les rend d'un emploi plutôt aisé pour les terroristes.» (1987 : 191). Il ajoute que «L'utilisation d'armes biologiques ne nécessite qu'une technologie relativement primitive.» (1987 : 195). C'est manifestement aussi l'opinion de Phillip Karber, du Center for Strategic and International Studies (CSIS) de l'Université de Georgetown, dont Ponte cite les mots suivants : «une personne peut très bien décimer la population de la ville de New York en libérant 10 livres d'agents biologiques depuis le toit de l'Empire State Building à la faveur de la nuit.» (1980 : 53).[Retournez]

(30) Voir également Griffith, qui voit deux autres facteurs dissuasifs dans le fait que «les organisations terroristes ne peuvent pas épargner leurs membres en les séparant de la population qui boira l'eau contaminée» et qu'il«leur est difficile d'atteindre un point du réseau de distribution convenant à leurs fins.» (1975).[Retournez]

(31) Voir également Ponte, 1977 : 79.[Retournez]

(32) Voir également Berkowitz et coll., selon qui, «Étant donné la terreur indicible qu'une organisation terroriste pourrait susciter par une contamination à la toxine botulinique effectuée à petite échelle, sans discrimination et à répétition dans divers points de distribution de produits alimentaires consommés sans cuisson (injection de produits comme des melons ou des pommes dans des supermarchés, contamination de fontaines de boissons gazeuses, de crème glacée ou des produits d'une laiterie ou d'une usine d'embouteillage, etc.), on peut craindre des effets plutôt impressionnants. Toutefois, il ne pourrait s'agir là d'un véritable meurtre de masse.» (1972 : VIII-51).[Retournez]

(33) Berkowitz et coll. vont jusqu'à dire que «Dans une opération terroriste de grande envergure réalisée avec une arme biologique, la possibilité de disséminer l'agent pathogène sous forme d'aérosol est probablement l'aspect le plus important à considérer [...] Il faut reconnaître que les infections dont la transmission aérienne a été observée à maintes reprises, et dont les formes respiratoires ou pneumoniques sont les plus aiguës et les plus graves, sont un danger majeur pour la santé publique dans la mesure où leur dissémination sous forme d'aérosol est à la portée d'une organisation terroriste. Cette constatation est d'autant plus fondée que, dans presque tous les cas, la transmission aérienne des agents pathogènes par des moyens artificiels est plus efficace que le processus de propagation naturel.» (1972 : VIII-78-79).[Retournez]

(34) Voir également Berkowitz et coll., 1972 : IX-9.[Retournez]

(35) Voir également McGeorge, selon qui «Un véhicule sur lequel on aurait monté un pulvérisateur de liquide, comme ceux qu'on utilise pour les traitements à l'insecticide dans les zones résidentielles, serait aussi efficace. En choisissant la buse appropriée, on pourrait disséminer un agent comme le bacille du charbon bactéridien. Les terroristes utiliseraient probablement cette méthode pour atteindre des populations dispersées, notamment celles des zones résidentielles, ou pour créer un nuage infectieux qui pourrait dériver sans qu'on le décèle jusqu'à un endroit protégé choisi comme cible.» (1986 : 60).[Retournez]

(36) Voir également Kupperman et Smith, 1989 : 103.[Retournez]

(37) Berkowitz et coll. parlent aussi des effets atténuants qu'exerce le smog urbain sur les microbes en aérosols, ajoutant : «Une étrange constatation s'applique à notre culture, puisque la pollution atmosphérique nous est peut-être d'une certaine protection contre les agressions à caractère bactériologique, qu'il s'agisse d'opérations internationales ou d'attentats terroristes.» (1972 : VIII-88).[Retournez]

(38) Pour reprendre les termes de Berkowitz et coll. «La cible idéale est une foule nombreuse confinée pendant un certain temps.» (1972 : IX-9).[Retournez]

(39) Berkowitz et coll. donnent comme exemple l'Astrodome de 75 000 places de Houston, signalant que «L'administration dans un tel espace de 15 mL de spores du charbon bactéridien en aérosol donnerait lieu à l'inhalation d'une dose infectieuse en 30 minutes. Avec cette quantité de spores, on peut produire un aérosol en 15 minutes avec un petit pulvérisateur Chicago et un réservoir d'azote sous pression de 9 pouces par 55 pouces fournissant le débit d'air primaire.» (1972: IX-9).[Retournez]

(40) Pour compléter, Watkins ajoute : «il est maintenant connu que la bactérie Serratia marcesences employée dans cette expérience est souvent la cause d'infections nosocomiales graves, voire mortelles. Il se peut que les pulvérisations effectuées à San Francisco soient à l'origine des 11 cas d'une forme de pneumonie rare, soit la pneumonie à Serratia, dont on a fait état l'année suivante dans les Archives of Internal Medicine.»(1987 : 199, fn.3).[Retournez]

(41) Dans le Congressional Office of Technology Assessment (États-Unis) on déclare : «Il y a eu un grande nombre de menaces évoquant la contamination de l'eau d'une ville ou l'empoisonnement d'aliments ou de produits pharmaceutiques par des terroristes ayant des motifs politiques, sociaux ou religieux, des criminels (extorsion), des employés mécontents ou des personnes (peut-être) mentalement déséquilibrées.» (1992 : 40).[Retournez]

(42) Voir le témoignage de Ronald K. Noble (Deputy Assistant Attorney General aux États-Unis), devant le Senate Committee on the Judiciary en 1989 : «[...] heureusement, aucun attentat terroriste mettant en jeu des toxines ou d'autres armes biologiques n'est apparemment survenu en territoire américain.» (SCJ, 1990 : 47).[Retournez]

(43) En 1993, dans son rapport sur la lutte contre le terrorisme chimique et biologique dans le monde après la disparition du soviétisme (Countering the Chemical and Biological Weapons Threat in the Post-Soviet World), le House Committee on Armed Services (É.-U.) s'exprimait dans les mêmes termes, ajoutant : «Dans quelques cas isolés, on a découvert chez des organisations terroristes des cultures biologiques ou des agents biologiques ou chimiques.» (25-26).[Retournez]

(44) Voir également les observations de Harvey J. McGeorge selon qui, «L'utilisation d'agents biologiques ou de toxines est répandue dans les organisations terroristes internationales.» (Roosevelt, 1986 : 39).[Retournez]

(45) Voir Kupperman et Kamen : «Les groupes de terroristes et de dissidents s'intéressent depuis longtemps aux armes biologiques, même si les dangers réellement posés on été jusqu'ici extrêmement limités.» (1989 : 104).[Retournez]

(46) Dans une étude sur les attentats de terrorisme biologique et chimique répertoriés, McGeorge propose un classement plus élaboré :

I. Utilisation

  • utilisation - opérations sans visées d'extorsion mettant en jeu la libération de l'agent;
  • extorsion avec menace d'utilisation - extorsions appuyées par des preuves de possession ou d'utilisation d'un agent biologique ou chimique;
  • projet d'attentat - attentat au moyen d'armes biologiques ou chimiques abandonnés avant leur exécution.

II. Menaces

  • menace - menace d'utilisation d'agents biologiques ou chimiques.
  • extorsion - extorsions appuyées par des menaces d'utilisation d'agents biologiques ou chimiques sans preuves de possibilités réelles.

III. Acquisition

  • achat - acquisition par des moyens légaux de matériel permettant d'utiliser des agents biologiques ou chimiques ou en améliorant les possibilités d'utilisation.
  • vol - acquisition par des moyens détournés ou par la force d'agents biologiques ou chimiques ou de matériel associé.
  • fabrication - culture ou fabrication d'agents biologiques ou chimiques, fabrication de dispositifs de dissémination ou de matériel d'usage connexe.

IV. Liens indirects

  • sabotage - vandalisme ou destruction d'installations militaires d'armes chimiques et biologiques ou d'éléments servant au transport d'armes biologiques.
  • occupation - pénétration ou occupation illégale d'installations dont l'utilisation est liée aux armes chimiques et biologiques sans intention manifeste de libérer ou de voler des agents ou du matériel d'usage connexe ou de commettre un acte de sabotage. (1994 : 12-13). [Retournez]

(47) Voir également Berkowitz et coll. : «D'après le peu d'information dont on dispose, il semble que le RISE ait été mal organisé. Non seulement le complot a été dévoilé à temps, mais le microorganisme choisi, Salmonella typhi, ne pose qu'un danger moyen; il est détruit dans l'eau par une simple chloration de routine.» (Berkowitz et coll., 1972 : VI-6, qui citent Smith et coll., 1960 : 381).[Retournez]

(48) Voir également Kellett, qui ajoute que la personne assumant la charge du secrétariat personnel du gourou indien Bhagwan Shree Rajneesh a plaidé coupable, concluant que «Bien que cet attentat n'ait pas de motifs politiques, ni de ramifications internationales, il n'en démontre pas moins que le terrorisme biologique est une possibilité réelle» (1988 : 56). En outre, McGeorge signale à propos de cet attentat que «L'on a aussi fait état d'efforts déployés dans la recherche de moyens pour propager le SIDA par dissémination en aérosol de sang contaminé par le VIH.» (1994 : 12).[Retournez]

(49) Harvey McGeorge donne la description la plus détaillée de l'affaire Korczak et ajoute à la liste des victimes présumées du ricin le nom du Colonel Houari Boumedienne, Président de l'Algérie (Roosevelt, 1986 : 39).[Retournez]

(50) McGeorge ajoute, à propos du parapluie à pointe enduite de ricin, que «Cette arme est d'une conception semblable à un fusil à injection autrefois mis au point aux États-Unis et qu'on aurait utilisé pour administrer de la saxitoxine.» (1986 : 61).[Retournez]

(51) Voir également l'extrait d'une étude des Nations Unies citée par Berkowitz et coll. : «En plus de leur action anti- personnel (animaux ou plantes) les agents biologiques pathogènes ont ceci de notable que leurs effets sont «très variables, au point qu'ils peuvent être imprévisibles dans certaines circonstances. Selon les conditions météorologiques, les facteurs du milieu et la nature de l'agent utilisé, les effets produits peuvent être catastrophiques ou négligeables.» (1972 : VIII-54, citant les Nations Unies, 1970 : par. 10).[Retournez]

(52) Selon Berkowitz et coll. aussi, les armes biologiques ont ceci de particulier «qu'il est très difficile, et parfois impossible, de prévoir l'étendue touchée et les conséquences écologiques à distance» et qu'en général «leurs effets ont un caractère imprévisible et complexe», ce qui «semble représenter des caractères souhaitables pour les terroristes». (1972 : VIII-63).[Retournez]

(53) À ce sujet, Berkowitz et coll. citent des extraits d'une autre étude dans laquelle il est dit que «Malgré d'importantes mesures de sécurité [...] deux membres du personnel de Detrick ont eu le charbon bactéridien et en sont morts à la fin des années 1950 et une autre personne a été atteinte de l'encéphalomyélite équine du Venezuela et en est morte en 1964. L'encéphalomyélite équine du Venezuela a été classée par les responsables des armes chimiques et biologiques dans la catégorie des agents incapacitants non létaux. Un accident survenu auparavant avec l'agent de la brucellose a coûté la vie à une jeune femme travaillant à la base.» On ajoute que «quelque 400 autres cas non mortels sont survenus au cours d'une période de 26 ans.» (1972 : VIII-66-67, qui cite McCarthy, 1969 : 28).[Retournez]

(54) Berkowitz et coll. déclarent à propos de la toxine botulinique : «Les risques sont avant tout liés à l'ingestion ou à l'inhalation accidentelle de gouttelettes de l'agent; normalement, on peut s'en prémunir en suivant rigoureusement la technique de laboratoire et en portant de l'équipement protecteur comme un masque et des lunettes de sécurité. En outre, une organisation techniquement perfectionnée prévoirait la préparation d'une anatoxine immunisante.» (1972 : VIII-50). Ailleurs, Berkowitz et coll. ajoutent qu'il existe des «vaccins contre le charbon bactéridien, la peste, la tularémie et la fièvre pourprée des montagnes Rocheuses que les terroristes pourraient utiliser pour se protéger. Aucun de ces vaccins n'a été administré systématiquement à toute la population.» (1972 : VIII-68). Ils précisent toutefois : «Il n'existe aucune protection immunologique contre l'infection à Cryptococcus; cet organisme poserait un danger grave pour les utilisateurs.» (1972 : VIII-73). [Retournez]

(55) Watkins reprend cette description de la population la plus à risque, ajoutant que «la maladie se propagera vraisemblablement dans les lieux surpeuplés et insalubres» et que «Par conséquent, il semble assuré que c'est la population civile qui supportera l'essentiel des effets de l'attentat». Il enchaîne toutefois en déclarant que «Ce point de vue semble tout à fait compatible avec la pensée des terroristes puisque leurs actes procèdent si souvent d'une violence aveugle.» (1987 : 196).[Retournez]

(56) Bremer signale toutefois que «Les cibles préférées des terroristes devenant plus difficiles à atteindre, c'est-à-dire mieux défendues, les terroristes se tournent généralement vers d'autres cibles plutôt que de recourir à de nouvelles techniques pour pénétrer les défenses.» (1988 : 3).[Retournez]

(57) Voir Douglass et Livingstone : «La violence devenant un phénomène de plus en plus courant dans le monde moderne, les terroristes pourraient chercher à produire un effet de terreur plus intense pour s'assurer une meilleure couverture médiatique et, au bout du compte, obliger les gouvernements à donner suite à leurs revendications.» (1987 : 15). (Voir également : Roosevelt, 1986 : 39).[Retournez]

(58) Voir également Roosevelt, 1986 : 39.[Retournez]

(59) L'emploi que fait ici Simon du terme «nationaliste» est intéressant, car il semble en contradiction avec ce que Roberts dit au sujet des groupes ethniques qui pourraient recourir aux armes biologiques pour éliminer leurs ennemis traditionnels.[Retournez]

(60) Ailleurs, toutefois, Wiener se fait moins pessimiste et déclare : «[...] un échantillonneur d'air pourrait permettre de recueillir des renseignements sur un attentat après l'exposition, mais avant l'apparition de la maladie dans la population visée [...] Pour de nombreux agents, un échantillonnage massif et continu de l'air, au moyen de techniques de concentration, des milieux de culture spécifiques et des épreuves d'identification sensibles et spécifiques pourraient constituer un dispositif d'alerte après exposition.» (Wiener, 1991a : 131). Voir également le rapport de l'OTA (1992i: 41). Dans le cas du charbon bactéridien, l'OTA déclare : «Un échantillonneur Reynier ou Anderson contenant des boîtes de culture bactérienne pourrait permettre de détecter un attentat avant l'apparition de signes cliniques chez les personnes exposées.» (1992 : 37). Selon Karl-Heinz Karisch : «Avec les épreuves de détection actuellement les plus rapides, il faut de 30 minutes à 1 heure pour mettre en évidence l'utilisation d'une arme bactériologique.» (1991).[Retournez]

(61) Plus haut, dans le même article, Watkins a toutefois déclaré sans détours que «contrairement au cas des armes nucléaires, il n'est pas possible de limiter l'accès aux agents biologiques [...] car les agents des maladies survenant par des processus naturels sont largement accessibles et, comme les microorganismes se reproduisent, il est impossible de réglementer la possession et la production d'armes biologiques.» (1987 : 191).[Retournez]

(62) Voir également OTA, 1992 : 42-3; et McGeorge, cité dans Roosevelt, 1986 : 42.[Retournez]

(63) L'OTA, toutefois, ne semble pas considérer qu'il s'agit là d'un problème réel, précisant que «Comme il est très probable qu'aucun signe indicateur d'un attentat ne sera perceptible avant un ou deux jours, la plupart des agents bactériens qui resteront encore dans l'environnement seront inactivés ou dilués. Par précaution, on recommande de se laver à l'eau savonneuse et de changer de vêtements advenant un attentat.» (1992: 43).[Retournez]

(64) Mullen nous met toutefois en garde : «les composés organophosphorés...sembleraient être plus meurtriers que les fluoroacétates, si l'on compare leurs poids. Dans l'ensemble, c'est vrai. Mais il y a tellement de variables associées à la façon de distribuer efficacement une substance chimique à des fins de destruction massive qu'il est très difficile de comparer directement le pouvoir létal des fluoroacétates et des composés organophosphorés.» (Mullen, 1978 : 72).[Retournez]

(65) Voir également Mullen, 1978 : 70 et Kupperman et Trent, 1979 : 64.[Retournez]

(66) Selon Mullen : «La toxicité du VX par les voies respiratoires est estimée être environ 15 fois celle du sarin, ou environ 0,001 mg/kg... on a indiqué qu'une dose de 6 mg appliquée sur la peau est létale; ce qui rend le VX environ 300 fois plus létal que le sarin par cette voie.» (1978 : 71).[Retournez]

(67) Voir également Kupperman et Kamen, 1989 : 101.[Retournez]

(68) Mullins soutient également qu'«une seule opération mettant en cause des agents chimiques pourrait faire des millions de victimes» (1992 : 116).[Retournez]

(69) Voir également Mengel, 1976 : 446. Ailleurs, Berkowitz et coll. expliquent que «le problème de distribution et les quantités requises limitent les attentats chimiques à des échelles beaucoup plus petites que ceux impliquant des armes nucléaires illicites» (Berkowitz et coll., 1972 : I-12). Plus loin, ils ajoutent que, «même dans des conditions idéales, [...] il est impossible, avec les quantités que peut manipuler un petit groupe de terroristes, d'exposer efficacement plus de quelques milliers de personnes» (Berkowitz et coll., 1972 : I-14 - I-15).[Retournez]

(70) Berkowitz et coll. estiment que, dans la production du sarin, «l'achat de matières premières de qualité réactif pour la préparation d'un lot d'une mole de cet agent ne représente que 6,83 dollar, et ce pour de petites quantités (ce sont donc les prix les plus élevés); cette quantité produit 0,5 mole ou 70 g de sarin. En préparant cinq lots de 3 moles chacun, on obtiendrait plus d'un kilogramme de sarin; même avec les prix demandés pour de petites quantités, le coût serait inférieur à 100 dollars. Si le terroriste chimiste ne disposait pas de laboratoire, il lui faudrait investir tout au plus 600 dollars à l'achat du matériel nécessaire» (Berkowitz et coll., 1972 : VIII-34-35). Il en est de même pour le VX; Ponte cite un article anonyme dans la revue Science qui indique que la fabrication d'une pinte de VX, «un volume renfermant plusieurs millions de doses mortelles pour l'homme, ne coûte qu'environ 5 dollars» (1980 : 53)![Retournez]

(71) Voir également Mullins qui fait remarquer : «Comme pour les agents biologiques, il serait pratiquement impossible aux organismes de renseignement et aux autorités policières de découvrir, avant qu'il ne soit trop tard, la synthèse, le stockage et l'utilisation des agents chimiques par des terroristes. Très peu de personnes doivent être impliquées et aucune installation complexe n'est nécessaire. La plupart des agents chimiques peuvent être fabriqués dans une cuisine ou un garage. Un terroriste qui se ferait prendre serait bien malchanceux.» (1992 : 109).[Retournez]

(72) Berkowitz et coll. pourraient s'opposer à cette évaluation des avantages comparatifs des agents chimiques. Dans un document où ils traitent de la préparation des agents biologiques, ils affirment ce qui suit : «Pour les attentats dans lesquels le matériel peut être préparé en deux semaines environ, il suffit généralement de séparer les cellules ou les spores du bouillon de culture par centrifugation, de les laver et de les remettre en suspension dans un milieu stabilisant pour les conserver ensuite au réfrigérateur sans perte importante de viabilité ou de virulence. Dans le cas d'agents desséchés provenant d'organismes sporulés, les spores sont séparées du milieu de culture, lavées, séchées par dessiccation et conservées dans l'obscurité dans des ampoules scellées. La stabilité des spores permet de les conserver dans ces conditions pendant des moins et même des années sans perte de virulence. De petites installations suffisent donc à fabriquer de grandes quantités de ces agents sur une certaine période» (1972 : VIII-76-77).[Retournez]

(73) Comparant les armes chimiques et biologiques aux armes nucléaires en ce qui concerne les avertissements que pourraient donner les terroristes, Berkowitz et coll. font remarquer que «dans un attentat antipersonnel aux armes chimiques ou biologiques, donner un avertissement va à l'encontre du but recherché, à moins que le véritable but de l'agresseur soit de forcer la population cible à quitter un lieu, soit en la harcelant soit en empêchant que certaines mesures soient prises. Même pour ces raisons, la situation devrait être très spéciale, car les effets des agents chimiques et biologiques sont à la fois temporaires et neutralisables.» (1972 : IX-15).[Retournez]

(74) Mullins soutient lui aussi que «les agents chimiques seraient faciles à obtenir ou à fabrique»r (1992 : 116).[Retournez]

(75) Sans comparer les armes chimiques aux armes nucléaires ou biologiques sous ce rapport, Thornton ajoute : «Les armes chimiques, qui ont été utilisées au cours de la Première Guerre mondiale et à d'autres reprises, ont acquis une réputation redoutable. Il est absolument sûr que toute trace, menace ou usage limité d'agents chimiques serait à l'origine de vives protestations de la part du public et d'une réaction immédiate de la part des gouvernements.» (1987 : 6).[Retournez]

(76) Comme le fait remarquer Lowell Ponte, «...un terroriste muni d'une minuscule fiole ou éprouvette de VX pourrait traverser sans être inquiété les systèmes les plus sophistiqués de détection de bombes et d'armes à feu dans un aéroport ou ailleurs» (1977 : 79).[Retournez]

(77) Voir également Jenkins et Rubin qui affirment que «des installations primitives suffisent pour fabriquer certaines substances dangereuses...Aucune technique complexe n'est requise pour acheter et utiliser ces toxines.» (1978 : 223-224).[Retournez]

(78) Voir également Thornton : «...la capacité de fabriquer des armes chimiques est pratiquement tenue pour acquise. On peut fabriquer sommairement du chlore, dont la toxicité peut être suffisamment mortelle, à partir de solutions de nettoyage que l'on retrouve dans pratiquement tous les foyers. De tels produits à base de chlore sont en fait responsables d'un certain nombre de décès accidentels dans nos foyers mêmes. Une solution du même type introduite dans le système de filtration de l'air d'un immeuble de bureaux ou d'un poste de commandement militaire pourrait causer un désastre.» (1987 : 6-7).[Retournez]

(79) Selon Berkowitz et coll., : «...le titulaire d'une maîtrise en chimie organique a reçu la formation nécessaire pour comprendre et exécuter sans difficulté les opérations décrites; de plus, quiconque a les aptitudes voulues peut, en un temps relativement court, soit 2 à 3 mois, apprendre à appliquer le procédé.» (Berkowitz et coll., 1972 : VIII-15).[Retournez]

(80) Ils font toutefois remarquer plus loin : «La plus grande menace [...] réside quand même dans la facilité de synthétiser les anticholinestérases organophosphorés les plus toxiques au laboratoire.» (Berkowitz et coll., 1972 : VIII-32).[Retournez]

(81) Voir également Griffiths : «Les quelques livres de ces agents que les terroristes pourraient dérober pour leur usage illégal ne sont qu'une goutte dans l'océan du matériel de guerre chimique et biologique qui existe au monde actuellement.» (1992 : 221). Ketcham et McGeorge font allusion également à des «restes de matériel de guerre» lorsqu'ils parlent des agents chimiques dont les terroristes pourraient s'accaparer. (1986 : 31).[Retournez]

(82) En 1990, toutefois, Joyner n'était pas tout à fait de cet avis :

«L'Union soviétique a certainement entraîné, financé et armé certains groupes terroristes au cours des deux dernières décennies, mais il semble raisonnable de penser que les Soviétiques auraient été peu enclins à fournir des armes chimiques à des organisations terroristes. Une bonne partie de l'image positive, de la bonne volonté diplomatique et du prestige international que l'Union soviétique s'est employé à développer et a cultivé dans le cadre de la Glasnost aurait été balayée par le nuage de gaz toxique des terroristes. Il est évident que les coûts politiques considérables de tels gestes ne justifieraient pas actuellement pour l'Union soviétique les avantages que pourrait procurer une complicité avec des terroristes faisant usage d'agents chimiques.» (1990 : 139).[Retournez]

(83) Certains auteurs ne sont pas du même avis. Selon Mullins, «la dispersion est facile et répandue» (1992 : 116); Douglass et Livingstone font également allusion à cette «facilité de dispersion» des agents chimiques (1987 : 13); Barnaby indique que «les techniques de dispersion ne sont pas difficiles à appliquer» (1992 : 86); Alexander affirme que «les moyens d'administration des armes chimiques sont faciles à assimiler et que leurs techniques de dispersion sont efficaces» (1983 : 229). Ponte soutient qu'une «bouteille de VX lancée de la terrasse d'observation du Empire State Building pourrait tuer la moitié de la population de Manhattan, et que les résultats pourraient même être plus désastreux si la même quantité de VX était larguée d'un petit avion privé par vent favorable» (1977 : 79). Selon Thornton, «les terroristes n'ont pas besoin d'un système d'administration sophistiqué pour utiliser ce nouveau type d'arme [...] Ils n'ont qu'à larguer sur une ville un contenant de l'agent à partir d'un avion ou même jeter le contenant dans un complexe d'ambassade à partir d'un véhicule rapide pour s'assurer que l'attentat prenne immédiatement des proportions historiques.» (1987 : 7).[Retournez]

(84) De même, Berkowitz et coll. affirment que «ces composés n'ont aucun goût ou odeur caractéristiques, de sorte que leur présence dans un liquide ou un aliment solide ne serait pas facile à déceler. Toutefois, ils sont hydrolysés dans l'eau, notamment dans des conditions basiques, et leur administration serait inefficace par cette voie, à moins que le liquide empoisonné ne soit consommé assez rapidement» (1972 : VIII-40). Berkowitz et coll., qui discutent plus loin de l'utilisation éventuelle d'agents psychoactifs dans un attentat visant un approvisionnement en eau, font remarquer que «l'agent militaire BZ et le LSD, l'hallucinogène bien connu, sont tous les deux efficaces contre les humains à des doses de quelques dizaines de microgrammes.» Toutefois, ils écartent cette menace sur la foi que «si une dose efficace de LSD ne coûte que 0,25 $, avec un facteur de dilution du réservoir à l'ingestion ne dépassant pas 106 et seulement un millier de personnes visées, il faudrait dans ce cas pour 250 millions de dollars de LSD. Il s'agit d'un très gros investissement pour provoquer un comportement bizarre et imprévisible au sein d'une petite collectivité pendant une période de 6 à 24 heures» (1972 : IX-14).[Retournez]

(85) Mullen arrive à un résultat pratiquement identique lorsqu'il mentionne un réservoir de 1,8 milliard de gallon desservant une population de 10 000 habitants. En supposant que chaque personne consomme seulement une pinte d'eau par jour, il poursuit : «Pour contaminer 10 000 pintes d'eau avec une concentration létale de 8-fluorooctanol, un fluoroacétate apparenté à un rodenticide courant qui est relativement facile à synthétiser, très toxique et relativement stable dans l'eau, il faudrait 300 tonnes métriques de la substance. Par conséquent, le volume de dilution, même dans de petits réservoirs, a un effet sur la quantité de substance nécessaire pour arriver à un tel niveau de contamination.» (1987 : 243, citant Berkowitz et coll., 1972).[Retournez]

(86) Voir, par exemple Berkowitz et coll. : «Pour éviter d'avoir recours à de grandes quantités d'agent et à des systèmes d'administration élaborés, des terroristes voulant réaliser un attentat chimique efficace se limiteraient probablement à des groupes isolés, comme les occupants d'un immeuble, les passagers d'une gare, les personnes situées dans un auditorium, une salle de réception, un centre de congrès, etc.» (1972 : VIII-40). Joyner s'écarte de ce raisonnement : «Un attentat primaire pourrait venir de la dissémination d'un nuage de fines particules (c.-à-d. un aérosol). Un attentat chimique pourrait donc être efficace dans un grand périmètre, notamment parce qu'un aérosol peut pénétrer dans les immeubles et faire des victimes au hasard.» (1990 : 136).[Retournez]

(87) Selon Ponte : «L'Armée a étonnamment admis la réalisation de cet assassinat simulé et un court reportage en a fait état à la page 14 du New York Times du 16 mars 1977.» (1980 : 52, fn.1). Comme dans le cas des agents biologiques dont on a parlé plus tôt, l'Armée américaine a également fait l'essai d'agents chimiques contre des villes en Amérique du Nord dans les années 1950. Par exemple, en juillet et août de 1953, les villes de Winnipeg, de St. Louis et de Minneapolis ont été pulvérisées avec du sulfure de zinc et de cadmium, une substance considérée alors comme une "poudre fluorescente inoffensive", mais qui depuis a été liée à divers cancers (Roberst, 1994). Une autre source soutient qu'«en 1957 et 1958, un avion-cargo a sillonné le pays en libérant des tonnes de sulfure de zinc et de cadmium. Selon un rapport de l'Armée, "l'essai a porté sur tous les États-Unis, des Rocheuses à l'Atlantique, et du Canada jusqu'au Golfe du Mexique".» (Cole, 1994 : 5).[Retournez]

(88) Malgré l'assertion de Joyner qu'«aucune organisation terroriste n'a encore démontré une propension ou capacité avérée d'utiliser des armes chimiques» (1990 : 139).[Retournez]

(89) Livingstone fait simplement remarquer que «Les autorités allemandes s'inquiétaient que les terroristes du gang de Baader- Meinhof puissent être les auteurs du vol.» (1982 : 111).[Retournez]

(90) Joyner insiste lui-aussi sur cet aspect : «Les préoccupations concernant la possibilité du terrorisme chimique restent intimement liées aux armes chimiques elles-même et à la popularité inquiétante qu'elles ont récemment acquise. Quatre éléments observés au cours de la dernière décennie justifient cette préoccupation. Premièrement, depuis 1980, des pays jugent bon d'utiliser des armes chimiques de plus en plus souvent et en toute impunité, en violation flagrante du droit international. Deuxièmement, l'érosion de l'observation de la loi s'est accompagnée d'une prolifération des armes chimiques dans certains pays, notamment dans les régions du monde où les conditions politiques sont instables. Troisièmement, on estime de plus en plus, notamment dans les pays en développement, que les armes chimiques ont une utilité militaire importante et qu'elles peuvent conférer un avantage décisif en cas de conflit régional, ce que démontre clairement la domination de l'Iraq sur l'Iran dans la guerre du Golfe. Quatrièmement, la menace elle-même des armes chimiques est devenue suffisamment réelle qu'elle suffit à démoraliser les forces ennemies et à semer la panique chez les populations civiles sans défense.» (1990 : 135-136). Ailleurs, Joyner résume ses préoccupations : «L'érosion accélérée du respect des lois internationales concernant l'utilisation illicite des armes chimiques [...] a contribué à renforcer l'idée que les armes chimiques sont utiles sur les plans militaire, économique et psychologique.» ( 1990 : 142).[Retournez]

(91) Voir, par exemple, Post : «Les obstacles à la destruction massive diminuent sans cesse. Un geste qui aurait attiré l'attention il y a des années est maintenant presque accueilli par un bâillement de la part d'un public blasé; les terroristes doivent donc avoir recours à des actes terroristes "plus éclatants et plus efficaces" pour attirer l'attention.» (1990 :167). Du même avis, McGeorge ajoute sur un ton assez sinistre : «Les circonstances semblent pousser les terroristes à dépasser le stade de la violence basée sur les explosifs et ce stade est peut-être déjà en voie d'être dépassé.» (1988 : 22).[Retournez]

(92) Milbank estime que les terroristes n'auraient pas besoin d'aller aussi loin. Selon lui, «la crédibilité présente peu de problèmes, car une petite quantité de l'agent envoyée par le courrier ou laissée à un endroit bien précis devrait dissiper tout doute à son sujet» (1976 : 31).[Retournez]

(93) Luchaire semble croire que les armes chimiques et biologiques n'ont pas l'effet traumatisant des armes nucléaires. Elle soutient : «Bien que d'autres méthodes de destruction massive, comme l'empoisonnement des sources d'eau potable d'une ville, soient indubitablement plus faciles à utiliser, elles ne sembleraient pas avoir le même effet psychologique» (1984 : 119).[Retournez]

(94) Mengel, toutefois, compare les armes chimiques et biologiques aux armes nucléaires sous cet aspect et soutient que «les premières sont moins susceptibles de créer la panique. Les autorités auraient le temps de réagir à un attentat chimique ou biologique en indiquant comment l'éviter et en précisant des mesures propres à les empêcher» (1976 : 449).[Retournez]

(95) Néanmoins, dans leur étude détaillée du sujet, relativement à la destruction massive, Berkowitz et coll. concluent : «Les poisons chimiques constituent une menace relativement inefficace, alors que les armes nucléaires et les agents pathogènes biologiques constituent des menaces de gravité comparable, les derniers étant plus pratiques.» (1972 : VIII-89).[Retournez]

(96) Berkowitz et coll. estiment que, contrairement aux armes nucléaires, «un ou deux individus mentalement ou émotionnellement déséquilibrés, possédant l'habilité et les ressources requises, pourraient organiser un attentat extrêmement violent à l'aide d'agents chimiques ou biologiques» (Berkowitz et coll., 1972 : I-6).[Retournez]

(97)» Berkowitz et coll. prétendent toutefois que «les opérations de laboratoire requises dans la production d'héroïne [...] sont plus simples, plus faciles à réaliser et moins exigeantes en ressources que celles nécessaires à la synthèse de composés fluoroaliphatiques» (1972 : VIII-14).[Retournez]

(98) Sous ce rapport, Griffiths fait remarquer que «le grand nombre de scientifiques et d'ingénieurs professionnels, qui travaillaient à la mise au point d'armes chimiques et biologiques dans l'ancienne Union soviétique et dont les nouveaux États n'ont plus besoin, ne peuvent exiger maintenant qu'un maigre salaire [...] En fait, moyennant une rétribution suffisante, les organisations subversives pourraient probablement persuader certains de ces experts de les aider.» (221). On pourrait peut- être également affirmer la même chose, mais à un moindre degré, des spécialistes des armes chimiques et biologiques dans le reste du monde qui ont pu (heureusement) être réduits au chômage par suite de l'adoption de la Convention sur les armes biologiques et à toxines et de la Convention sur les armes chimiques.[Retournez]

(99) Sans tenter de préciser le degré exact de compétence requis, McGeorge mentionne les «facteurs» suivants comme ayant «un impact significatif sur la capacité d'agresseurs potentiels, et par conséquent sur la menace qui pourrait en résulter» : «l'accès à l'information; le domaine spécifique/la discipline; la capacité logistique; l'effectif requis; la santé financière; la capacité de planifier; la capacité de fabriquer des appareils compliqués; les connaissances techniques; la capacité de transporter des charges; les compétences en matière de tactique et de sécurité et l'accès à de l'équipement spécialisé» (1994 : 13).[Retournez]

(100) Voir également Hurwitz : «Les données disponibles indiquent qu'un groupe terroriste, ne disposant que de modestes ressources, peut très bien acquérir et utiliser efficacement des armes chimiques ou biologiques.» (1982 : 36).[Retournez]

(101) Voir également McGeorge, 1986 : 57-58. Il affirme : «La gamme d'agents chimiques et biologiques qui pourraient être fournis par un pays appuyant le terrorisme comprennent tous les gaz industriels toxiques, les agents de guerre chimique ou biologique courants et des composés spéciaux comme la colchicine ou le chlorhydrate de toxiferine.» Toutefois, il poursuit : «... les agents les plus susceptibles d'être fabriqués par les terroristes eux-mêmes ou fournis par des pays qui les appuient sont les agents neurotoxiques courants, la toxine botulinique ou l'entérotoxine staphylococcique et l'agent du charbon bactéridien. Ces agents ont déjà été produits en quantité, leurs effets sont bien connus et il y a de nombreux moyens de les disséminer» (1986 : 60).[Retournez]

(102) Jenkins et Rubin ne font pas allusion à la faisabilité d'un tel scénario, mais ils affirment simplement, en 1978, que «les terroristes [...] ne se sont pas occupés des systèmes d'approvisionnement en eau» (268).[Retournez]

(103) Par exemple, tout en faisant remarquer que «la libération d'un gaz à partir d'une bouteille sous pression demande le moins de compétences techniques» et que c'est la méthode la plus susceptible d'être utilisée par des groupes de «niveau 1», McGeorge admet que «cette forme d'administration ne serait probablement pas efficace en milieu ouvert, à moins que des quantités massives d'agent soient dispersées» (1986 : 60).[Retournez]

(104)» Voir, par exemple, Douglass et Livingstone (1987), p. 183-187.[Retournez]

(105)» Apparemment, cette définition comprendrait également «les menaces d'utilisation», «les actes dirigés contre des établissements liés à des agents chimiques ou biologiques» et «les actes limités au vol, à l'achat ou à la fabrication d'un agent, d'un dispositif de dissémination ou de tout matériel connexe» (1994 : 12).[Retournez]

(106) Voir également Hoffman citant Brian Jenkins : «Pour les terroristes, il n'est pas nécessaire de tuer beaucoup de personnes s'il suffit d'en tuer seulement quelques-unes pour arriver aux mêmes fins). Et il ajoute : «Les terroristes ont souvent fait la démonstration qu'ils peuvent atteindre leurs buts et leurs objectifs en utilisant les mêmes tactiques et les mêmes armes ordinaires qui se sont révélées fiables avec le temps [...] Ils n'ont même pas encore atteint leur potentiel criminel avec ces armes ordinaires [...] L'arsenal traditionnel des terroristes, soit les bombes et les armes à feu, leur suffit à obtenir des gouvernements les concessions qu'ils visent habituellement) (1993 : 22-23). Le Lt. Gén. James Clapper, directeur de l'Agence de renseignement du Department of Defense des É.-U. a également affirmé que «l'une des deux raisons pour lesquelles on n'a pas observé d'incident faisant intervenir des armes chimiques ou biologiques est que les groupes terroristes estiment probablement qu'ils peuvent atteindre leurs objectifs avec des armes classiques» (Starr, 1994 : 10) (L'autre raison, selon lui, c'est la réticence des pays appuyant le terrorisme de fournir des armes de destruction massive). Mullen, bien que les événements l'aient démenti par la suite, soutient également que «le type de munitions employé est resté à peu près le même au cours des années [...] Le degré de violence des terroristes est resté lui aussi relativement le même; seule la fréquence des incidents a augmenté au cours des dix dernières années» (1978 : 87).[Retournez]

(107) Voir également Hoffman : «Il existe peu d'exigences réalistes que des terroristes pourraient présenter en menaçant d'utiliser des armes aux effets si dévastateurs [...] Les terroristes sont généralement "réalistes" dans leurs menaces (en ce sens qu'ils peuvent toujours mettre leur menace à exécution si leurs objectifs sont contrecarrés) et leurs exigences sont à peu près proportionnée aux menaces proférées» (1993 : 23). Clutterbuck juge également que, pour les terroristes, les menaces d'utiliser des armes nucléaires, chimiques ou biologiques seraient «beaucoup moins crédibles et efficaces comme outils de négociation» que les menaces traditionnelles. (1994 : 53).[Retournez]

(108) Berkowitz et coll. ajoutent : «Bien que l'extorsion (un acte criminel analogue à la coercition, motivé par le profit) ne soit pas rare, il y a peu d'exemples de groupes de conspirateurs ayant tenté des mesure importantes de coercition à l'endroit de gouvernements.» (1972 : IX-9).[Retournez]

(109) De même, Harvey McGeorge présente une longue liste d'objectifs terroristes précis ou généraux qui pourraient être visés au moyen d'agents chimiques ou biologiques; les objectifs précis pourraient être : «attirer l'attention sur des exigences, revanche, extorsion, perturbation et gains financiers». Les objectifs généraux pourraient être : «changements radicaux à un régime existant, punition vengeresse, création d'une nouvelle patrie ou d'un nouveau pays, destruction d'un ordre social, modification de politique stratégique et satisfaction psychologique)) (1986 : 57). En ce qui concerne les objectifs généraux, McGeorge nous avertit que «les terroristes pourraient estimer beaucoup plus faciles de les atteindre au moyen d'agents chimiques ou biologiques qu'au moyen d'explosifs brisants» (McGeorge, 1988 : 20).[Retournez]

(110) Voir également Hoffman citant Brian Jenkins : «l'objectif d'un terroriste a rarement été de tuer beaucoup de gens [...] Les terroristes ont comme principe d'utiliser la force minimale nécessaire» (1993 : 23). Joyner observe que «moins de un pour cent des milliers d'incidents terroristes qui sont survenus entre 1965 et 1985 ont causé plus de 10 morts» (1990 : 137).[Retournez]

(111) Comparons les remarques d'un participant anonyme dans une récente discussion sur le sujet : «Les terroristes craignent que, pour toutes les raisons susmentionnées, leurs activités provoquent un débat considérable et de la dissension dans les rangs de l'organisation terroriste elle-même. Ils ont peur d'accroître les risques que leurs plans soient divulgués et même que l'organisation elle-même soit trahie» (David, 1985 : 153). Un tel raisonnement peut expliquer pourquoi, selon Hoffman, «la dynamique interne et le processus de prise de décisions au sein des groupes terroristes tendent à inhiber les escalades soudaines ou les changements subits de tactiques ou de niveau de violence» (1993 : 23).[Retournez]

(112) Dans le même ordre d'idées, ils concluent plus loin : «les possibilités techniques permettant des actes extrêmement violents existent depuis longtemps; si les terroristes en avaient eu l'intention et avaient été suffisamment motivés, on aurait observé de tels actes. Nous estimons que ceux qui appréhendent un incident extrêmement violent doivent présenter davantage qu'une simple liste d'attentats possibles selon les capacités scientifiques et techniques actuelles s'ils veulent que leurs craintes soient prises au sérieux» (1972 : IX-57).[Retournez]

(113) Voir également Bremer : «...certains groupes terroristes montrent déjà peu de répugnance à provoquer un grand nombre de morts» (1988 : 12).[Retournez]

(114) Ailleurs, toutefois, Jenkins fait allusion à une influence directe de considérations morales sur les terroristes lorsqu'il affirme que «malgré l'idée que l'on peut se faire d'eux, la majeure partie des terroristes ne se livrent pas à des meurtres gratuits» (1975 : 11).[Retournez]

(115) Voir également Buck, qui affirme : «Le terroriste motivé par une idéologie risque de ne pas se soucier de la destruction massive que peut entraîner l'utilisation d'armes biologiques, chimiques et nucléaires.» (1989 : 434).[Retournez]

(116) De même, Jenkins fait observer que «la plupart des terroristes opèrent sur leur propre territoire et prennent garde de ne pas s'aliéner totalement la population locale. La violence aveugle peut être dangereuse, surtout si vous devez vivre parmi vos victimes.» (1975 : 12).[Retournez]

(117) Mullen affirme aussi : «Les effets aléatoires d'une arme de destruction massive font qu'on ne se risquerait à l'utiliser que pour des cibles limitées et bien précises.» (1978 : 88).[Retournez]

(118) Jenkins et Rubin affirment également : «Les armes chimiques et biologiques que sont censés posséder les terroristes ont une valeur considérable comme menace. Leur utilisation effective pourrait être improductive sur le plan politique» (1978 : 227; voir également Jenkins, 1975 : 12). Post indique que «nous devons élargir notre concept de terrorisme extrême et l'appliquer autant à des menaces plausibles qu'aux actes eux-mêmes. Les barrières qui empêchent la destruction massive n'existent pas lorsqu'il s'agit de menaces plausibles» (1990 : 168). Cette dernière affirmation pourrait toutefois ne pas être entièrement vraie, car il risque d'être difficile de monter une menace plausible (du moins, il y a une limite à ce qu'on peut faire dans ce cas) à propos d'actes qui ne sont pas eux-mêmes plausibles. En ce qui concerne les armes biologiques en particulier, Watkins doute de l'utilité de simples menaces : «Bien que les terroristes atteignent fréquemment certains de leurs objectifs, par exemple à obtenir de la publicité ou à répandre la peur, par de simples menaces de se livrer à un acte de violence, il semple peu probable que les armes biologiques puissent être utiles à des terroristes, à moins qu'ils ne les utilisent réellement. Étant donné l'absence de tout contrôle tactique sur les effets d'un attentat avec des armes biologiques et la simplicité de production de telles armes, il est peu probable qu'un terroriste puisse faire chanter la population en proférant simplement une menace d'attentat; en effet, tout le monde sait que la plupart des groupes terroristes ont la capacité de produire de telles armes et sont résolus à les utiliser. Par conséquent, il semble probable que la première indication de l'utilisation d'armes biologiques par des terroristes serait une épidémie faisant suite à un véritable attentat.» (1987 : 196). Berkowitz et coll. seraient apparemment en désaccord avec cette analyse, car ils font remarquer que «si les autorités recevaient des échantillons de matières virulentes stables, ainsi que des croquis ou des photographies de dispositifs efficace de dissémination, la menace pourrait être très crédible» (1972 : VIII-64).[Retournez]

(119) Voir, par exemple, Kupperman et Woolsey : «Les pays appuyant le terrorisme et la diffusion de la technologie partout dans le monde font que les terroristes peuvent maintenant obtenir l'aide de chimistes, de microbiologistes, de physiciens et d'ingénieurs» (1988 : 3); et Hoffman affirme : «les pays appuyant le terrorisme, notamment, pourraient fournir aux terroristes, les incitations, les compétences et les ressources qui leur manquaient pour entreprendre une ambitieuse opération dans l'un de ces domaines (armes chimiques, biologiques ou nucléaires)» (1993 : 24). Voir également Buck, 1989 : 434.[Retournez]

(120) Thornton pousse plus loin son explication : «Avant tout, ces pays s'inquiètent de ce qu'une réaction excessive de la part des É.-U. face à une provocation terroriste puisse sérieusement mettre en péril la stabilité de l'alliance occidentale. Ils prévoient même que les É.-U. pourraient perdre leur position privilégiée à titre de leader et de champion de la moralité politique et de la démocratie à l'échelle mondiale» (1987 : 2).[Retournez]

(121) Voir également Jenkins : «À mesure que nous contrecarrons efficacement certaines tactiques et neutralisons certaines armes, les terroristes innovent suffisamment pour contourner nos mesures de sécurité. Ils choisissent des cibles plus vulnérables ou ils innovent sur le plan tactique ou sur le plan des armes.» (cité par Marshall, 1990 : 373).[Retournez]

(122) Clutterbuck a émis une opinion semblable plus récemment : «Il ne faudrait pas sous-estimer les armes nucléaires, biologiques et chimiques, parce qu'il faut pouvoir évaluer les faux appels terroristes (il y en a eu un assez grand nombre, mais aucun de crédible) et parce que ces armes pourraient être utilisées par un groupe désespéré et suicidaire. Mais la menace est beaucoup moins sérieuse et elle serait de bien des façons plus facile à affronter, à cause de son manque de crédibilité, que les actes terroristes auxquels nous sommes habitués» (1994 : 53-54).[Retournez]

(123) Kupperman et Trent soulignent également la difficulté de prédire les événements dans ce domaine : «Aucune analyse théorique ne peut déterminer si des incidents de destruction massive auront ou n'auront pas lieu. Nous tentons d'extrapoler librement vers la quasi-sécurité ou la catastrophe à partir du peu de données que nous avons, en sachant bien que les facteurs sociaux et physiques qui régissent les tactiques terroristes à long terme sont extrêmement complexes et imprévisibles» (1979 : 52).[Retournez]

(124) Berkowitz et coll. s'expriment un peu différemment : «Les menaces de violence extrême faisant appel à des armes chimiques ou biologiques sont plus probables que celles faisant appel à des armes nucléaires» Ils soutiennent également que «la probabilité d'un début d'utilisation d'une arme nucléaire illicite est beaucoup plus élevée que celle de sa réalisation complète, mais la probabilité de réaliser complètement un attentat aux armes chimiques et biologiques, à condition qu'il ait été bien organisé, est plus élevée que 0,5.» (Berkowitz et coll., 1972 : I-17 et IX-56).[Retournez]

(125) Une autre mesure qui n'appartient clairement à aucune de ces catégories est la mesure proposée par Berkowitz et coll. : «une loi faisant de la conspiration visant à utiliser des dispositifs nucléaires ou des pathogènes biologiques, de la menace de les utiliser ou de leur utilisation même - sauf par autorisation du Président - une infraction fédérale». Ils poursuivent en indiquant que «les dispositions visant les armes chimiques devraient reposer sur une définition légale qui exclurait l'intoxication d'une personne ou d'un petit nombre de personnes» (1972 : X-20).[Retournez]

(126) Berkowitz et coll. affirment : «...la seule méthode prometteuse de surveillance repose sur la vigilance d'organismes d'enquête et d'application de la loi face aux possibilités de violence extrême. Les établissements de surveillance existent; il reste à fournir la formation et la coordination nécessaires pour leur permettre de maintenir une surveillance, utiliser des informateurs et enquêter sur les indices éventuels de danger» (1972 : X-37).[Retournez]

(127) Mullins soulève une objection à propos de certaines des mesures proposées : «Certaines sont trop draconiennes pour être envisagées sérieusement. Même face à la menace sérieuse du terrorisme NBC, la population américaine n'est pas prête à céder les libertés fondamentales qu'elle a mis deux siècles à obtenir; en effet, c'est ce qu'exigeraient certaines des solutions que Douglass et Livingstone proposent...» (1992 : 116). Ponte, par ailleurs, a une vision plus apocalyptique : «Nous devons soit abandonner nos libertés fondamentales qui donnent aux terroristes la liberté de se déplacer, de planifier et de comploter ou bien nous devons modifier notre technologie et la société de façon à rendre cette dernière moins vulnérable.» (1980 : 54).

À propos d'une question connexe (touchant également les lois des É.-U), on a signalé qu'en août 1994, le Congrès des É.-U. avait adopté une loi sur la surveillance des crimes avec violence et l'application de la Loi, dont un article prévoit la peine de mort pour les individus trouvés coupables d'avoir «causé la mort par le moyen d'armes de destruction massive, notamment des armes biologiques et des gaz toxiques» (Chemical Weapons Convention Bulletin, 1994).[Retournez]

(128) Berkowitz et coll. font une proposition semblable : «utiliser des enquêteurs spéciaux avec les compétences scientifiques voulues se présentant comme des terroristes éventuels afin de découvrir toute intention de violence extrême» (1972 : X-37).[Retournez]

(129) Fait intéressant, on ne retrouve pas dans les mesures proposées dans la littérature classifiée que nous avons consultée pour la rédaction du présent rapport la description du profil psychologique des terroristes susceptibles de s'engager dans des activités de terrorisme chimique ou biologique. Selon Berkowitz et coll. : «Il y a un nombre non négligeable d'individus qui, sous l'effet d'un trouble mental ou à cause de leur personnalité, pourraient être impliqués dans des incidents de violence extrême. Les psychiatres et sociologues interrogés sont tous d'avis que l'intention et les motifs psychologiques existent réellement, mais qu'il est plus efficace de surveiller la capacité physique de violence extrême que de tenter de déterminer le profil psychologique de terroristes éventuels et de les détecter par ce moyen» (1972 : I-7). De son côté, McGeorge fait allusion aux «différences entre les terroristes qui possèdent des agents chimiques ou ont l'intention d'en utiliser et ceux qui préfèrent les agents biologiques», et il soutient «qu'il y a une différence importante entre ces deux types de terroristes qui pourrait influencer la manière de les combattre.» Il affirme également que «le terrorisme chimique et biologique peut représenter une menace importante et qu'elle sera difficile à combattre car le profil de ce type de terroriste semble différer beaucoup de celui des terroristes qui utilisent des armes à feu et des explosifs» (1994 : 13). Toutefois, on ne sait pas s'il fait allusion ici au profil psychologique des individus ou simplement aux capacités différentes des groupes»[Retournez]

(130) La proposition de Mengel dans ce domaine est même d'application plus large : «établissement d'unités spécialisées fédérales, d'État et régionales entraînées à mettre en application des mesures contre le terrorisme de haute technologie, comprenant notamment des techniques de négociation» (1976 : 470). De plus, il propose la création d'«équipes d'intervention fédérales» qui «offriraient aux autorités locales une capacité de réagir relativement rapidement tout en leur permettant d'économiser leurs ressources pour des tâches plus importantes comme la planification, la négociation et l'établissement de systèmes de détection de base» (1976 : 472). McGeorge propose simplement «la formation d'une équipe nationale ou internationale d'intervention rapide à capacité maximum modelée sur la NEST qui est très efficace aux É.-U.» (1986 : 61).[Retournez]

(131) Selon Mengel : «Le processus de planification lui-même doit provenir d'un effort concerté de plusieurs organismes dans divers niveaux de compétence ou faire appel à une série de plans mis au point par des organismes différents puis intégrés et coordonnés au niveau de tous les organismes appelés à participer» (1976 : 465).[Retournez]

(132) Selon une source, les dispositifs étaient «maquillés pour ressembler à des boîtes à lunch et à des contenants de boissons gazeuses» (Strasser et coll., 1995 : 36); une autre a indiqué que «les contenants découverts avaient l'aspect de bouteilles de verre ou de plastique ou ressemblaient à deux boîtes à lunch en aluminium» (Moosa, 1995a). Plus tard, les sources policières ont révélé qu'au total 11 sacs de plastique de 20 cm2 renfermant des traces de sarin liquide avaient été trouvés parmi cinq colis emballés dans du papier journal et laissés dans des wagons du métro. Dans un cas, des témoins ont vu un homme utiliser un parapluie, dont le bout était muni d'une aiguille, pour percer un colis emballé dans du papier journal, ce qui a mélangé et libéré le gaz (Daily Yomiuri, 1995d).[Retournez]

(133) Selon une source, «deux bombes seulement ont libéré du sarin à la station du gouvernement (Kasumigaseki); trois autres ont été découvertes soit avant ou après que les trains aient atteint l'endroit prévu» (Strasser et coll., 1995 : 37).[Retournez]

(134) Dans un livre publié par la secte Aoun Shinri Kyo (qui est devenue la suspecte principale), le 2 mars 1995, un membre de la «division chimique» du groupe a expliqué «que le gaz neurotoxique doit être fabriqué immédiatement avant sa libération, car il est tellement toxique qu'il peut tuer instantanément» (T. Watanabe, 1995).[Retournez]

(135) Appuyant cette théorie, un journal a signalé que le gaz avait été placé dans des wagons qui arrêtaient près des sorties de la station Kasumigaseki menant précisément à l'ANP, à la cour de district et à la haute cour, et au bureau du ministère public (Daily Yomiuri, 1995e).[Retournez]

(136) Voir, p. ex., les remarques du professeur Susumu Oda de l'université Tsukuba, qui ont été diffusées dans le bulletin de nouvelles de la chaîne ABC : «Je ne vois aucun motif politique à cet attentat. Leurs auteurs semblent avoir eu seulement l'intention de créer le chaos» (ABC, 1995 : 2). On affirmait dans The Economist : «... cet attentat a réellement semé la terreur à Tokyo pour plusieurs raisons : on ne s'y attendait pas du tout, le Japon n'a jamais connu d'actes de violence commis au hasard (les guérillas urbaines précédentes étaient dirigées vers des cibles gouvernementales) et personne n'est sûr de son auteur et du motif» (1995 : 37).[Retournez]

(137) De même, Kathleen Bailey aurait dit : «c'est soit un taré qui veut flanquer la trouille à tout le monde ou c'est quelqu'un qui se prépare à exercer un chantage de tous les diables» (Toronto Star, 1995 : A14).[Retournez]

(138) Voir également la référence, dans la section sur le groupe «Aoun Shinri Kyo», à une hypothèse qui voudrait que l'attentat pourrait être une «attaque préemptive».[Retournez]

(139) Bien sûr, il est vrai qu'un nombre relativement restreint de personnes sont mortes, mais l'attentat était néanmoins caractéristique d'un attentat chimique, en ce sens qu'un très grand nombre de personnes ont été affectées. Dans The Economist, on a affirmé : «Des bombes auraient pu tuer un plus grand nombre de personnes, mais même cinq bombes (le nombre de colis récupérés) auraient difficilement pu en blesser autant.» (1995 : 37).[Retournez]

(140) De même, dans un autre rapport, on émettait l'hypothèse que «si le gaz avait été administré différemment - ou par un après-midi chaud où il se serait évaporé plus rapidement - le nombre de morts aurait pu être beaucoup plus élevé» (Kristof, 1995a).[Retournez]

(141) Selon un autre rapport, «des experts japonais, qui ont examiné les preuves, ont affirmé qu'ils croyaient que les terroristes avaient dilué le sarin utilisé dans le métro de manière à courir eux-mêmes moins de risque d'être tués dans l'attentat». Toutefois, «des observateurs américains ont affirmé que ceux qui avaient fabriqué le sarin n'avaient peut-être pas pu le purifier ou l'avaient stocké trop longtemps» (Strasser et coll., 1995 : 37).[Retournez]

(142) Toutefois, on a signalé plus tard que, le 23 avril, la police «était revenue sur sa déclaration qu'elle avait faite précédemment à propos de la présence d'acétonitrile dans le résidu de sarin découvert dans le métro» (Daily Yomiuri, 1995j).[Retournez]

(143) The Economist a affirmé que «la secte Shinrikyo s'est empressée, dans un communiqué de presse, de nier rapidement toute participation, avant même qu'on l'ait formellement accusée de complicité...» (1995 : 37-38). En fait, les observateurs n'ont pas tous, au début, fait le rapprochement avec cette secte. James Adams, le chef du bureau de Washington du Sunday Times de Londres, a d'abord convenu avec un commentateur de la chaîne ABC que, selon toute probabilité, l'Armée rouge japonaise (ARJ) était responsable. Il a affirmé que des membres de l'ARJ étaient «certainement des suspects logiques [...] c'est le genre d'acte cruel qu'ils ont déjà commis, ils pourraient donc facilement en être les auteurs». Adams poursuit en faisant remarquer, à propos de la secte Aoun Shinri Kyo, qu'on l'a soupçonnée dans l'attentat de Matsumoto, mais qu'«il n'existe en fait aucune preuve». Il était également sceptique à propos d'une participation éventuelle de la secte à l'incident du métro de Tokyo, doutant fortement de leurs capacités : «Ce serait semble-t-il un parfait bouc-émissaire. Il s'agit d'un attentat très sophistiqué. C'est une entreprise qui demande beaucoup de planification et qui est manifestement hors de la porté d'une bande d'extrémistes dont le seul but est de faire accepter leur point de vue.» (ABC, 1995 : 4-5).[Retournez]

(144) Voir, p. ex, le jugement exprimé dans le magazine Time : «À Tokyo, la police disposait d'une foule d'indices qu'un attentat majeur au gaz neurotoxique était en préparation, mais ils ont quand même été pris par surprise par l'attentat.» (Nelan, 1995 : 29).[Retournez]

(145) Spurgeon Keeny fait observer : «Un aspect déroutant de l'incident de Tokyo est l'hésitation apparente de la police à intervenir avant l'incident malgré la foule de preuves incriminant la secte Aoun Shinri Kyo. L'absence d'une intervention policière a été attribuée à des considérations politiques - la crainte de perturber une secte religieuse autorisée - et le fait qu'il n'existait aucune loi interdisant la possession de gaz neurotoxique.» (Keeny, 1995 : 2).[Retournez]

(146) Un rapport attribué à des sources policières et publié beaucoup plus tard caractérisait également le sarin utilisé dans l'attentat de Matsumoto comme étant «un produit d'expérimentation». Dans ce rapport, l'analyse policière indiquait que «les substances chimiques utilisées étaient impures, probablement à cause d'une technique de fabrication inférieure» (Kyodo, 1995m).[Retournez]

(147) Beaucoup plus tard, on a signalé que les habitants de Matsumoto avaient aperçu deux personnes vêtues de combinaisons ressemblant à des «tenues spatiales» la nuit de l'attentat, et que les auteurs de l'attentat «ont pu utiliser une automobile munie d'un dispositif de pulvérisation de gaz» (Sakurai, 1995). Fait intéressant, selon un article qui a paru immédiatement après l'attentat du métro de Tokyo, un roman écrit en 1991 par l'auteur britannique Gordon Thomas, intitulé Deadly Perfume, qui s'est apparemment révélé un best-seller au Japon, «décrivait comment des terroristes se sont procurés du sarin et l'ont expérimenté dans une petite ville avant d'en planifier la libération dans le métro d'une grande ville» Thomas aurait affirmé : «Ce qui est arrivé aujourd'hui (à Tokyo) rappelle beaucoup ce qui s'est passé dans mon livre. Les similitudes sont très importantes [...] le métro, la méthode d'administration, le placement des dispositifs» (Reuters, 1995t).[Retournez]

(148) Selon une autre source, plus de 231 personnes dans sept villes de la préfecture de Nara, ont été affectées dans ce cas (JT, 1995c).[Retournez]

(149) Selon le Daily Yomiuri, «trois dispositifs ressemblant à des humidificateurs ultrasoniques [...], dans des porte-documents, [...] ont été laissés à l'intérieur de la zone des barrières à 10 mètres l'un de l'autre. Les porte-documents en vinyle mesuraient 30 centimètres sur 50 centimètres. Trois ou quatre tuyaux de 15 centimètres de long et de 5 centimètres de diamètre renfermant du chlorure de polyvinyle ainsi qu'un ventilateur motorisé et un vibrateur ultrasonique étaient fixés à l'intérieur des porte-documents. Des interrupteurs situés à l'extérieur des porte-documents avaient pour but, en position ouvert, de vaporiser le liquide à l'intérieur des tubes (1995e). En caractérisant cet incident, Fukunaga fait remarquer que les porte-documents «ont été considérés comme assez suspects pour justifier l'intervention de la police, même dans un pays qui n'a presque jamais connu d'attentat terroriste jusqu'à maintenant. Dans ce cas, les porte-documents ne renfermaient aucun explosif ou substance chimique, mais uniquement des dispositifs ultrasoniques qui produisaient de la vapeur. Curieux, mais pas dangereux, ont pensé les policiers. En rétrospective, toutefois, cet incident ressemble beaucoup à un essai en prévision de l'attentat du 20 mars» ( Fukunaga, 1995 : 4). Dans un article qui a paru également après l'attentat du 20 mars et qui traitait de l'incident du 15 mars, The Economist a suggéré : «quoi qu'il en soit, l'essai semble avoir persuadé les agresseurs que les dispositifs mécaniques étaient peu fiables» (1995 : 38).[Retournez]

(150) Selon d'autres sources, des sous-produits du sarin ont été découverts à Kamikuishiki, en décembre 1994 (Greve, 1995; AP, 1995c). Le rapport le plus détaillé de cet incident est celui de Shukan Asahi (1995). Selon ce rapport, les échantillons de sol ont été prélevés et analysés par la préfecture de police de Nagano, en collaboration avec le «laboratoire de recherche scientifique» de l'ANP, en septembre 1994 (20). Une autre source signale que l'Institut de recherche national des sciences policières a présenté une «opinion» écrite, à la mi-novembre 1994, dans laquelle il indiquait que le «phosphorothioate de diisopropyl éther» était la même substance qui avait été détectée à Matsumoto, et que la police avait par la suite établi que la secte Aoun était fort probablement coupable. En décembre 1994, ils auraient découvert qu'une entreprise de produits chimiques de Shizuoka, dirigée par un membre de la secte, avait acheté «de grandes quantités (des tonnes) d'une matière première servant à la fabrication du sarin, le samenkarin, entre janvier et février» (Nakagawa, 1995 : 13).[Retournez]

(151) Une autre source fait remonter cet incident au 4 janvier : «La secte Aoun a accusé un président d'entreprise d'avoir pulvérisé du sarin dans ses installations à Kamikuishiki» (Greve, 1995). L'entreprise en question était apparemment un fabricant d'engrais local. Après que la police ait fouillé l'usine et n'ait trouvé aucune trace de sarin, l'entreprise a, à son tour, poursuivi la secte en diffamation (Moffett, 1995j).[Retournez]

(152) Selon un rapport paru dans un journal, le 1er avril, une quarantaine d'experts de l'école de chimie des forces terrestres d'autodéfense japonaises, à Omiya, ont été détachés au camp d'Asaka dans le quartier Nerima de Tokyo, le 19 mars, «pour montrer à la brigade anti-émeute comment se servir de dispositifs de protection contre les substances chimiques en prévision» des descentes du 22 mars (JT, 1995f). Une autre source confirme que «depuis le début de l'année, les choses se sont précisées à propos du moment, de l'endroit et des preuves nécessaires pour effectuer une perquisition chez la secte Aoun [...] La police se préparait de façon concrète depuis environ le 15 mars; elle était en contact avec le directeur du bureau des enquêtes criminelles et le directeur adjoint du bureau du ministère public du district de Tokyo et elle avait également demandé l'aide des forces d'autodéfense». Cette source précise que pas moins de 500 ensembles de masques à gaz et de vêtements de protection ont été prêtés à la police le 19 mars (Nakagawa, 1995 : 11).[Retournez]

(153) Selon un autre rapport, la police a saisi 50 fûts d'alcool isopropylique et «environ 2 000 sacs d'agents apparentés au fluor, notamment du fluorure de sodium» (Kyodo, 1995e).[Retournez]

(154) Toutefois, selon une estimation faite plus tard, le 3 avril, les quantités étaient beaucoup moindres : «650 fûts et 2 050 sacs contenant des ingrédients du sarin, assez pour fabriquer près de 6 tonnes de gaz» (Lloyd-Parry, 1995a).[Retournez]

(155) Un journal de Tokyo faisait le lien entre le résultat de l'enquête effectuée à Kamikuishiki, en mars, et l'attentat de Matsumoto, en juin, mais il ne mentionnait pas les composés trouvés : «Trois types de résidus ont été trouvés au cours de l'enquête. Le premier est un intermédiaire qui peut être produit avant la formation du sarin, le deuxième est un sous-produit de la formation du sarin et le troisième est un résidu produit par suite de la réaction du sarin avec l'eau lorsqu'il est libéré dans l'atmosphère (NKS, 1995 : 1).[Retournez]

(156) On aurait signalé de mauvaises odeurs près de cet immeuble en juillet et en août 1994 (JT, 1995e). Selon un rapport, «les habitants se sont plaints [...] qu'un liquide jaune à l'odeur désagréable fuyait par des canalisations et les murs d'un immeuble situé près de la voie publique» (Mainichi Daily News, 1995c).[Retournez]

(157) Dans un autre article de journal, à la fin de mai, on a parlé de l'achat d'hélicoptères, mais on a signalé qu'un appareil «s'était écrasé au cours de vols destinés à vérifier sa capacité de transporter assez de gaz pour rendre malades, et même tuer, des milliers de personnes». Les vols d'essai auraient été ordonnés par le «ministre de la Science et de la Technologie» de la secte Aoun, Hideo Murai (assassiné par la suite) (Ottawa Citizen, 1995e).

Le Jane's Defence Weekly a également signalé, au début de mai, que l'ANP avait publié les détails d'une tentative de la secte Aoun de louer un hélicoptère de transport Mil Mi-26 (le plus gros au monde) d'une entreprise russe de Vladivostok. Selon le rapport, la police pensait que la secte voulait «probablement» munir l'appareil d'un dispositif de pulvérisation et prévoyait «survoler les principales villes de Honsu», la principale île du Japon. Dans ce rapport, on parlait également de l'achat précédent de la secte : un hélicoptère de transport moyen Mi-17 et «deux hélicoptères radioguidés que l'on croyait être des drones Dash de la marine américaine» (JDW, 1995 : 18).[Retournez]

(158) Selon le Mainichi Daily News, cette quantité pouvait tuer pas moins de 9,3 milliards de personnes! (1995f).[Retournez]

(159) Une autre source signalait la découverte de 160 fûts métalliques de peptone, dont chacun d'une capacité de 18 litres (Kyodo, 1995d). Par comparaison, on sait que dans les laboratoires de recherche universitaires, on utilise habituellement environ un litre de cette substances par année (JT, 1995b).[Retournez]

(160) Selon un autre rapport, la secte Aoun «a acheté de grandes quantités de bacille botulinique», mais il n'est pas précisé de qui (Mainichi Shimbun, 1995b).[Retournez]

(161) Néanmoins, des autorités à Kamikuishiki, le 24 mars, auraient reçu un appel téléphonique anonyme menaçant de tuer tous les habitants du village avec des gaz toxiques si les perquisitions n'étaient pas arrêtées (T. Watanabe, 1995).[Retournez]

(162) Fait intéressant à souligner, la secte Aoun, dans sa campagne lors de l'élection de 1990, s'était prononcée, entre autres, contre l'utilisation des produits chimiques agricoles à cause de leurs risques pour la santé à long terme! (Daily Yomiuri, 1995l). Voir également Egawa, qui soutient que «non seulement la secte ne possède pas de terres agricoles, mais elle n'a également aucun technicien dans ce domaine» (1995 : 28). Egawa cite également un ancien disciple qui avait une ferme et qui disait que la secte insistait pour que «même en agriculture, il ne fallait tuer aucun insecte ni couper aucune mauvaise herbe. Ils disaient que tous les insecticides, herbicides et engrais chimiques étaient défendus» (1995 : 29).[Retournez]

(163) On a également signalé qu'une vidéo du groupe avait allégué «que les É.-U. avaient ourdi un certain nombre de désastres et de tragédies dans le passé, dont la dissémination mondiale du virus du sida» (Reuters, 1995l). Selon un autre rapport, Asahara a d'abord allégué, dans un discours prononcé le 11 mars 1994, que le complexe de Kamikuishiki avait été attaqué au moyen d'ypérite (gaz moutarde) et d'un gaz neurotoxique non précisé (Kyodo, 1995g). Dans un sermon donné à Tokyo, le 27 avril 1994, il soutenait que, depuis 1988, on pulvérisait des gaz toxiques sur la secte Aoun «où qu'elle allait» à partir d'hélicoptères et d'autres aéronefs. (Shukan Asahi, 1995 : 20).[Retournez]

(164) Masami Tsuchiya, détenteur d'une maîtrise en chimie organique et décrit plus loin comme le «chimiste en chef» de la secte, aurait dit, après avoir abandonné ses études de doctorat à l'Université de Tsukuba, «que la secte possède plus d'équipement que l'université» (Shirouzu et Hamilton, 1995).[Retournez]

(165) Selon une autre source, Asahara et ses assistants ont commencé à acheter «de l'équipement complexe de chimie» dès 1989, deux ans seulement après la fondation de la secte, alors que les firmes de la secte «ont commencé à stocker les substances nécessaires pour fabriquer du sarin» en 1993 (Asiaweek, 1995 : 31). Une autre source signale qu'un membre important de la secte a acheté 21 masques à gaz à haute performance muni de bouteilles d'air comprimé, 30 masques munis de filtres et 37 combinaisons couvrant tout le corps d'un fabricant de Tokyo, en avril 1990, lorsque la secte a commencé à construire son complexe à Kamikuishiki. La même source révèle également que la secte avait acheté plus de 1 000 filtres pour ses masques à gaz d'une entreprise située dans la préfecture de Shizuoka au cours des 12 mois précédents, dont 600 en juillet 1994 seulement (Mainichi Daily News, 1995e). Enfin, l'agence de presse Kyodo a signalé le 6 mai 1995 que la secte Aoun avait commencé à «augmenter ses achats de produits chimiques, y compris toutes les substances nécessaires pour fabriquer du sarin», après novembre 1993, ce qui a coïncidé avec une augmentation «marquée» des déplacements de ses membres importants en Russie (Kyodo, 1995j).[Retournez]

(166) Selon un rapport publié plus tard, la secte utilisait quatre compagnies fondées entre avril 1993 et mars 1994 - Hasegawa Chemical, Bell Epoch, Beck et Shimomura Chemical - pour acheter une grande quantité de matières premières servant à fabriquer du sarin, comme du trichlorure de phosphore, dans le but déclaré de s'en servir à des fins agricoles (Daily Yomiuri, 1995i). Dans un autre rapport, on affirmait que «la secte utilisait des mandataires enregistrés comme des détaillants autorisés de substances chimiques toxiques pour acheter de grandes quantités de trichlorure de phosphore (en unités de 10 tonnes) en décembre 1993, mais de façon à ce qu'on ne puisse déduire que la secte elle-même en était l'utilisateur final. La secte a fait annuler l'enregistrement de ses compagnies prête-nom comme détaillants autorisés de substances chimiques toxiques après que le produit lui a été livré et elle a également annulé un contrat de location d'un entrepôt utilisé pour stocker la substance chimique» (Kyodo, 1995i).[Retournez]

(167) Une source a identifié l'instrument comme étant un «GSP11». Selon cette source, «il est de maniement simple pour des personnes non averties, mais il a l'inconvénient de ne pas indiquer le degré de contamination et la nature du gaz. On peut se procurer facilement de tels appareils en Russie, et ils devraient coûter plusieurs milliers de yens pièce» (Kato et coll., 1995 : 14). Au début de l'enquête, on a également «émis l'hypothèse qu'une certaine quantité de sarin pourrait également avoir été emportée de Russie, où il aurait été stocké pour être écoulé sur le marché noir» (Kristof, 1995e). Selon une autre source, la filiale de la secte à Moscou comprenait «plusieurs soldats d'unités chimiques de l'armée russe» comme membres (Kato et coll., 1995 : 15). Le Shukan Asahi de Tokyo soutient également que, en Russie, «des membres d'unités militant contre les armes radioactives, chimiques et biologiques, ainsi que des chimistes, ont été invités à devenir membres de la secte et ont accepté». En outre, la secte «a tenté de nouer des relations avec des organismes de recherche spécialisés en chimie» (1995 : 33).[Retournez]

(168) Voir également Fukumaga, qui a écrit que les trois juges incommodés «dormaient à peu de distance de l'endroit où le gaz a été libéré» et que l'attentat «a été perpétré la veille de la date à laquelle les trois juges devaient rendre leur verdict, ce qui a entraîné l'ajournement de la cause» (1995 : 4).[Retournez]

(169) Selon une autre source : «les conséquences de l'incident de la secte Aoun vont au delà du simple aspect de la sécurité personnelle. Comme certains commentateurs l'ont fait remarquer, cet incident pourrait avoir définitivement souillé l'image que le Japon se fait de lui-même, soit d'une société harmonieuse et homogène dans laquelle 99 % de la population veut maintenir le statu quo. En effet, le fait qu'une telle secte ait pu devenir si importante et si puissante au Japon indique que la société la plus opulente au monde connaît certains problèmes fondamentaux» (C. Smith, 1995b : 14).[Retournez]

(170) Le 5 juin, la police aurait affirmé que des membres de la secte Aoun qui avaient été arrêtés avaient admis la responsabilité de la secte dans l'attentat (Reuters, 1995ah).[Retournez]

(171) Le projet de loi, adopté par le parlement le 19 avril, prévoit une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à perpétuité pour un individu condamné pour avoir utilisé du sarin ou d'autres substances chimiques létales, et jusqu'à sept ans pour la production ou la possession de telles substances (Reuters, 1995t). En outre, «la réunion de substances ou le fait de consacrer des fonds pour la fabrication de ces agents toxiques» est une infraction punissable d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement, alors que «quiconque est actuellement en possession de sarin doit le révéler à la police et remettre la substance avant le début de l'application du projet de loi sinon il est punissable d'une peine d'emprisonnement pouvant atteindre un an» (Kyodo, 1995h).[Retournez]

(172) Après l'accusation d'Asahara, le 9 juin, le ministre de la Justice, Isao Maeda, a annoncé qu'on «retirerait à la secte Aoun son statut juridique de secte religieuse et qu'on la démantèlerait le plus rapidement possible» (AP, 1995g).[Retournez]

(173) Une telle augmentation des pouvoirs d'enquête de la police aurait été adoptée le 12 juin (Reuters, 1995ai).[Retournez]

(174) Voir, par exemple, C. Smith 1995 : 22.[Retournez]

(175) L'Agence de la défense aurait même proposé une révision de sa stratégie «visant à repousser un attentat limité sur une petite échelle» pour qu'elle permette une «mobilisation rapide face à divers types de dangers», tels les attentats chimiques perpétrés par des terroristes (NKS, 1995b). Selon un autre rapport, «Le concept des "brigades mobiles aéroportées", qui est un élément important dans la réorganisation des forces d'autodéfense terrestres, a pour but de déplacer rapidement les troupes dans des cas d'urgence comme les attentats terroristes - par exemple le récent attentat au sarin dans le métro» (NKS, 1995c : 40).[Retournez]

(176) L'Agence de la défense a toutefois nié un rapport paru, en mai, dans le magazine Shukan Bunshun, qui affirmait que deux officiers de l'école de recherche en chimie des forces d'autodéfense, dont l'un avait participé à la formation de la police, le 19 mars, étaient des membres de la secte Aoun (JTW, 1995f).[Retournez]

(177) Un premier lieutenant des forces d'autodéfense terrestres devait être «sévèrement puni» pour avoir donné au «ministre du Renseignement» de la secte, Yoshihiro Inoue, l'automne précédent, un «manuel sur la protection contre les gaz toxiques, la radioactivité et les armes biologiques» (Kyodo, 1995m : 33).[Retournez]

(178) Selon une enquête des médias parue le 14 mai, «les réseaux privés de télévision ont, au cours de la dernière quinzaine, consacré plus de 46 heures par semaine à la secte Aoun, alors qu'aucun autre sujet n'a eu plus de six minutes d'attention» (Eckert, 1995d)![Retournez]

(179) Pour plus de détails sur les relations des Russes avec la secte, voir Kato et coll., 1995.[Retournez]

(180) Dans un article du Daily Yomiuri du 22 avril, on a décrit en détails la méthode que la secte a utilisé selon la police : «La secte Aoun a d'abord fabriqué un intermédiaire en mélangeant du trichlorure de phosphore, du méthanol et de l'iodure de méthyle, puis a mélangé le produit obtenu avec une autre portion de trichlorure de phosphore et du chlore pour produire du dichlorure de l'acide méthylphosphonique [...] À l'étape suivante, la secte a ajouté à ce composé du fluorure de sodium, puis de l'alcool isopropylique.» L'article a indiqué que des «experts en chimie de l'agence de défense» auraient affirmé que «la méthode de production faisant appel à du trichlorure de phosphore et du chlore, mais non à du chlorure de thionyle ou du pentachlorure de phosphore, bien que ces deux dernières substances soient vendues au Japon, est exactement celle qu'utilise l'armée russe pour fabriquer du sarin à des fins militaires. Dans d'autres pays qui possèdent des armes chimiques, on utilise une substance chlorée» (Daily Yomiuri, 1995g).[Retournez]

(181) Selon une autre source : «Un ancien lieutenant du service de renseignement militaire russe aurait entraîné quatre membres de la secte à piloter un hélicoptère Mi-17 russe, comme celui que la secte possède.» (Asiaweek, 1995c). Le Shukan Asahi de Tokyo a signalé que le «ministre de la Construction» de la secte, Kiyohide Hayakawa, avait acheté le «Mi-17 par l'intermédiaire de l'Autriche et a ensuite envoyé deux de ses membres au Club d'aviation no 3 de Moscou pour apprendre, pendant un mois, à piloter ce type d'hélicoptère» (1995 : 33).[Retournez]

(182) La première de ces propositions a été incluse dans la Comprehensive Terrorism Prevention Act, que Sénat américain a adopté, le 7 juin 1995, par un vote de 91 contre 8. Les Républicains s'étaient d'abord opposés à cet aspect du projet de loi, mais un amendement apporté par le parti Démocrate l'a fait adopter (Green, 1995 et AP, 1995k). Un projet de loi semblable de la Chambre des représentants, encore en suspens au moment de la mise sous presse de la présente étude, «autoriserait l'armée à apporter une aide technique et logistique dans les cas où des armes chimiques ou biologiques seraient utilisées, mais lui interdirait encore de jouer un rôle dans l'appréhension et l'arrestation de suspects» (Dewar et Cooper, 1995).

Des «officiers supérieurs de l'armé» non identifiés auraient également été «fortement opposés» à la proposition originale du président Clinton, car «les perquisitions, les saisies et les arrestations ne font pas partie de la mission de l'armée qui est d'être en mesure de mener une guerre». Néanmoins, selon le rapport, à la suite de l'attentat au gaz de Tokyo et de l'attentat à la bombe d'Oklahoma City, «les groupes d'intervention technique de l'armée», appuyés par la Defense Nuclear Agency «auraient désormais un rôle plus important face à des incidents chimiques et biologiques. On ferait alors appel aux forces armées pour analyser et désamorcer des dispositifs aux É.-U.» (Starr, 1995 : 5).[Retournez]

(183) De même, le magazine Asiaweek cite Kyle Olson : «L'interdit qui frappe l'utilisation des armes chimiques [à des fins terroristes] risque d'avoir été levé complètement et quelqu'un là bas est sans doute en train d'évaluer le succès qu'a eu cet attentat, compte tenu du peu de moyens nécessaire pour produire une telle terreur à une si grande échelle» (Asiaweek, 1995 : 31).[Retournez]

(184) Immédiatement après l'attentat du métro, la diète japonaise a adopté une telle loi, le 30 mars 1995. La Chambre des conseillers a ratifié la CAC le 28 avril (Kyodo, 1995l).[Retournez]

(185) Le 20 mai, la police aurait trouvé des preuves liant la secte Aoun à cet attentat avorté : elle a trouvé, dans un établissement de la secte, des fragments de plastique semblables aux sacs de plastique utilisés dans le dispositif de Shinjuku (Toronto Globe and Mail, 1995c). Et le 13 juin, on a signalé qu'un «membre important» de la secte, parmi ceux qui ont été inculpés pour l'attentat du 20 mars, avait également admis la responsabilité de la secte dans l'attentat de Shinjuku (Ueno, 1995e).[Retournez]

(186) L'incident signalé dans le magazine Maclean's peut constituer une exception : trois jours seulement après l'attentat de Tokyo, quatre adolescents ont pulvérisé du «mace» dans un métro bondé de Manhattan, blessant neuf passagers (Bilski, 1995 : 30).[Retournez]

(187) Selon un autre rapport, «les agents ont appris l'histoire lorsque les dirigeants de Disney les ont appelés pour leur signaler qu'ils avaient reçu une lettre et une bande vidéo les avertissant que quelque chose allait se produire [...] La bande vidéo montrait un homme penché portant des gants de caoutchouc et apparemment en train de mélanger des produits chimiques [...] La lettre ou la bande avertissait que des clients seraient tués. Un psychologue du FBI, à Quantico (Virginie), a analysé la bande et a affirmé que, d'après lui, les menaces étaient sérieuses» (JT, 1995d).[Retournez]

(188) Voir également Intelligence Newsletter, 1995, qui a signalé que du personnel de l'Armée et de la Federal Emergency Management Agency (FEMA) avait été «secrètement déployé» au cours de la fin de semaine de Pâques pour faire face à cette menace.[Retournez]

(189) Le journal a cité la police : «les sacs confisqués au complexe [...] étaient constitués d'une pellicule spéciale et collés de la même façon que les 11 sacs retrouvés à Tokyo». En ce qui concerne le dispositif d'emballage, «le dispositif complètement automatique pouvait mesurer une substance chimique de l'ordre de quelques milligrammes et l'introduire dans un sac. Le dispositif pouvait être télécommandé. Il était relié à un équipement qui semblait responsable de la dernière étape de synthèse d'un produit chimique, dans l'usine située dans le septième Satian». (Daily Yomiuri, 1995h). Selon un rapport publié plus tard, «l'une des deux contrecolleuses saisies par la police produisait des objets possédant des contours et des motifs identiques à ceux que présentaient les sacs utilisés dans l'attentat du métro» (Daily Yomiuri, 1995p).[Retournez]

(190) Un journal japonais avait signalé plus tôt que «d'après l'analyse des dépôts à l'intérieur des canalisations», les spécialistes en guerre chimique de la Force d'autodéfense japonaise étaient arrivés à la conclusion «que l'usine de sarin était terminée à la fin de 1994 et qu'elle a produit du gaz neurotoxique continuellement à partir de cette date» (Mainichi Shimbun, 1995).[Retournez]

(191) Il aurait toutefois impliqué ses disciples en disant à son avocat : «Je suis innocent, mais mes disciples sont coupables. Je continue à pratiquer ma religion pour me préparer à supporter les fautes de mes disciples» (Moffett, 1995k).[Retournez]

(192) Des journaux japonais ont rapporté, le 2 juin, que des enquêteurs avaient identifié Asahara et dix de ses disciples comme étant responsables de l'attentat de Matsumoto, dont le but était de tuer deux juges, qui «étaient encore traités à l'hôpital pour une intoxication au sarin». Hideo Murai aurai ordonné la fabrication du sarin utilisé, alors que Endo, Tsuchiya et quatre autres auraient perpétré l'attentat (Sakurai, 1995).[Retournez]

(193) La secte aurait également fait l'essai d'agents biologiques sur ses propres membres «dévoyés» lors de dîners spéciaux organisés par Asahara où étaient servis des mets contaminés par les germes de la peste et du botulisme. Selon la presse japonaise, «le dernier de ces plats a été servi en janvier 1995, [...], mais on ne sait pas combien de fois la secte en a servi. Peu après le dernier souper, en janvier, certains disciples se sont plaints d'éruptions cutanées et de maux de gorge et au moins l'un d'entre eux a disparu» (Reuters, 1995ak).[Retournez]

(194) Selon le témoignage de Tsuchiya à la police, un total de 12 hélicoptères téléguidés devaient être utilisés lors de cet attentat, prévu pour novembre (Asiaweek, 1995d).[Retournez]

(195) Toutefois, d'après d'autres sources, les autorités auraient affirmé : «On pense que la secte a détruit ses stocks de gaz neurotoxique afin d'éliminer les preuves.» (AP, 1995h). Dans un rapport, Masami Tsuchiya aurait dit à la police que 10 kg de sarin avaient été utilisés dans l'attentat de Tokyo, et que 20 autres kg avaient été «éliminés» (AP, 1995j). Dans un autre rapport, des enquêteurs auraient soupçonné que le sarin aurait été «transféré» à «plusieurs» membres de la secte. «Tsuchiaya a dit à la police qu'il avait éliminé tout le sarin en sa possession, mais qu'il ne savait pas ce qui était advenu des stocks que possédaient d'autres membres [...] La police tente d'identifier les autres membres qui ont eu du sarin en leur possession et de confirmer s'ils ont éliminé leurs stocks» (JTW, 1995h).[Retournez]

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